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« Spoonface », joué par des acteurs turcs, conte l’histoire d’un enfant autiste atteint d’un cancer

Spoonface, « tête de cuillère » en français, raconte l’histoire d’un enfant autiste atteint d’un cancer. Ce long périple qu’il va traverser met en vedette l’acteur turc Can Remzi Ergen. Le bâtiment des Nations Unies à Genève accueillera la pièce de théâtre prochainement. Sa première séance sera le 21 septembre 2020, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix, et continuera sur une tournée mondiale.

Cette pièce a non seulement son personnage principal turc, mais le directeur de la pièce est également turc. Il se prénomme Ali Poyrazoğlu, il est notamment reconnu « artiste d’État » par le ministère turc de la Culture depuis 1998 et est également l’un des ambassadeurs de bonne volonté de l’UNICEF. Il a mis en scène la pièce de théâtre de Lee Hall sur le thème de la diversité humaine à travers l’innocence de l’enfance, l’autisme et la maladie.

Dans une interview accordée à l’Agence Anadolu, Ali Poyrazoğlu explique que Spoonface fait voyager les spectateurs dans le fonctionnement du monde d’un enfant autiste à qui l’on a diagnostiqué un cancer : « Dans ce voyage, l’audience va encore une fois questionner le concept de réalité. Spoonface, de la perspective d’un enfant, montre à quel point la vie vaut la peine d’être vécue malgré toutes les négations et les insanités ». Il ajoute ensuite que « si nous n’allons pas vivre demain, vivre aujourd’hui et ressentir jusqu’aux derniers instants est profondément important. Autrement, est-ce que demain existerait ? »

D’après Can Remzi Ergen, le personnage principal de Spoonface, « c’est important pour nous que cette pièce de théâtre transmette un message pour tout le monde, peu importe la religion, la race ou le genre. C’est donc passionnant que la pièce de théâtre adresse un problème qui secoue partout dans le monde ». Il perçoit toutes les émotions de Spoonface en chacun d’entre nous. Pour lui, il existe un problème de marginalisation dans le monde qui est en fait une maladie. Cette maladie n’est pas si différente de la situation de pandémie actuelle et pourrait même se répandre plus vite que certains germes. D’où toute la complexité de refléter la réalité de cet enfant aux spectateurs. En effet, Can Remzi Ergen appuie sur le fait que l’autisme n’est pas descriptible en une phrase, mais qu’il s’agit en fait d’un spectre qu’il faut aborder avec précautions et connaissances.

Il a par ailleurs décidé de se renseigner sur le sujet pendant un an. Il a notamment rencontré des académiciens et visité des centres médicaux et écoles pour enfants autistes. « Comme j’ai travaillé avec des enfants, j’ai commencé à comprendre davantage l’autisme et ce qu’il représente. J’ai vu que c’était bien différent d’une maladie. Beaucoup d’enfants m’ont surpris avec leurs capacités », déclare-t-il.

Can Remzi Ergen explique qu’il a trouvé une autre part de lui-même dans ce rôle, ce rôle qui l’a mis dans une position de « fragilité et sensibilité extrêmes sur le plan émotionnel ».

Depuis qu’il a revêtu ce rôle, il a également décidé de s’investir pour cette cause, l’autisme. Il pense qu’il est important que nous comprenions chacun nos différences et que nous réalisions que malgré tout, la vie est belle.

Anaëlle Barthel

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