Economie, International, Société

« Le succès de notre école, c’est son adaptabilité à la région »

Lors de son passage à Istanbul, nous avons interrogé Stéphane Attali, directeur de la seule Grande École du Moyen-Orient : l’École Supérieure des Affaires, située à Beyrouth. Rencontre avec un personnage ambitieux.

Stephane-Attali

L’École Supérieure des Affaires (ESA) à Beyrouth est l’unique Grande École du Moyen-Orient. Pouvez-vous nous présenter cette institution ?

En 1996, soit plus de six ans après la fin de la guerre civile libanaise, la France et le Liban ont mis en place de nouvelles mesures de rapprochement, en particulier dans le domaine de l’éducation. Ainsi est née l’ESA, avec pour objectif principal de fournir aux étudiants libanais un enseignement sélectif de qualité. L’ESA est gérée, au même titre que la plupart des écoles de commerce françaises, par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris ; le soutien des entreprises est absolument primordial et l’objectif de ces écoles est avant tout de répondre aux besoins de ces partenaires en formant de futurs travailleurs capables de s’adapter facilement.
Le Liban, par son histoire commune avec la France et sa situation géographique, joue un rôle d’intermédiaire essentiel dans la région du Golfe. Les Libanais sont déjà présents dans ce territoire et sont donc les mieux à même de comprendre les différentes dynamiques de la région. Un partenariat avec le Liban est certainement la manière la plus efficace d’atteindre ces zones.
Aujourd’hui, l’ESA est fière de compter huit programmes diplômants spécifiquement tournés vers les besoins de la région, allant du master au doctorat. L’enseignement se fait en anglais et en français et se compose de différents modules d’une semaine, avec des professeurs venant essentiellement de Paris mais aussi du monde entier. À la fin de leurs études, les étudiants disposent d’une réelle expertise sur la région, avec de solides connaissances sur le Golfe et la France.

Aujourd’hui, nous vous rencontrons à Istanbul. Pensez-vous aussi créer un partenariat avec la Turquie ?
Un tel projet n’est pas à l’ordre du jour. Pour l’instant nous nous contentons d’amener chaque année nos étudiants à Istanbul. Son potentiel économique et son influence politique dans la région font de la Turquie un partenaire privilégié entre l’Europe et le Moyen-Orient. Nos efforts se tournent vers les étudiants turcs, nous souhaitons les attirer dans notre institution. Le programme leur est totalement accessible car l’enseignement se fait en partie en anglais et l’éloignement géographique n’est pas très important. En somme, c’est un moindre coût pour d’excellentes opportunités, avec une garantie d’embauche après le diplôme. L’objectif est qu’après leurs études, les étudiants turcs soient eux aussi en mesure d’agir comme intermédiaires entre l’ESA, la Chambre de Commerce de Paris et les zones d’influence de la Turquie.

ecole

Vous nous avez présenté votre institution et vos ambitions futures au sujet de la Turquie. Quel est votre parcours et comment êtes-vous devenu directeur de l’ESA ?
Après une enfance en Nouvelle-Calédonie, j’ai fait mes études à Paris puis j’ai commencé à travailler au sein de la Chambre de Commerce. En 2002, j’ai accepté le poste de responsable de développement au sein de l’ESA à Beyrouth. Après un retour en France en 2007 en tant que directeur adjoint du directeur de la Chambre, je suis reparti à Beyrouth en 2009, cette fois-ci pour prendre la direction de l’établissement. Étant aussi président du MEREF (Mouvement des Entreprises et Représentations Économiques Françaises au Liban), mon objectif est celui d’un renforcement des liens franco-libanais et en cela mes deux postes de président se complètent parfaitement.

Propos recueillis par Mireille Sadège et Louise Pierre

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