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Süper Lig : l’Aigle noir perd des plumes

À l’instar de la Premier League et pour le plus grand plaisir des supporteurs, le championnat turc de football n’a que faire des festivités de fin d’année. C’est ainsi que hier soir, les noirs et blancs de Beşiktaş, leader et véritable équipe frisson de la saison, ‘recevait’ un Galatasaray solide mais en quête de reconstruction après des premiers mois mouvementés qui se sont soldé par l’échec de l’expérience Cesare Prandelli.

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Dans une course au titre particulièrement serrée où les géants stambouliotes du trio de tête Beşiktaş, Fenerbahçe, et Galatasaray se tiennent en trois points ; le choc de cette 16ème journée entre le premier et le troisième revêtait déjà une importance capitale d’autant plus que Fenerbahçe, facile vainqueur la veille, grimpait provisoirement à la première place. Le stade du BJK étant toujours en cours de rénovation, c’est une fois de plus dans cette terrible enceinte qu’est le stade olympique Atatürk que s’est jouée cette rencontre au sommet. Sur la pelouse, que du beau monde. Prenant le match très au sérieux, les deux managers avaient aligné leur meilleur onze de départ. Alors que le Croate Slaven Bilić reconduisait son équipe au jeu séduisant et efficace, Hamza Hamzaoğlu, l’ex-entraîneur adjoint de l’équipe nationale, confirmait côté Galatasaray un certain retour aux sources en laissant entre autre de côté Goran Pandev et Blerim Xhemaili, dernières recrues estivales et symboles de la mauvaise parenthèse Prandelli. Enjeu oblige, dès l’entame du match les deux équipes se craignent et ça se voit. Il faut attendre la 38ème minute et une demi-occasion de part et d’autre pour que prenne fin un round d’observation trop long. Assez curieusement, Beşiktaş laisse le ballon aux visiteurs, privilégiant le jeu en contre, sans grande efficacité.

Complexe d’infériorité

Seconde curiosité, si Galatasaray ne se montre pas particulièrement transcendant avec la possession du ballon, une bonne partie des joueurs phares de Slaven Bilić sont eux complètement méconnaissables tant collectivement qu’individuellement. Une prestation en deçà de ce à quoi les aigles noirs nous avaient habitué et qui, couplé au record assez mitigé de Bilić contre les ‘gros’, alimente la théorie du complexe d’infériorité. Olçay Şahan ? Il a tenté sans trop convaincre. Jose Sosa ? Maladroit et peu inspiré. Özyakup ? Transparent. Mais le plus inquiétant aura été Demba Ba, tellement invisible en pointe de l’attaque qu’on en est venu à se demander s’il était bien présent sur le terrain. Une sous-performance surprenante tant le Sénégalais aura brillé depuis son arrivée dans son nouveau club. Était-ce parce qu’il aura été particulièrement bien tenu par la charnière Semih Kaya – Aurélien Chedjou, tous deux auteurs d’un bon match ? Ou bien sa confiance et sa motivation ont-elles été minées par son incompréhensible absence de la sélection d’Alain Giresse, l’entraîneur de l’équipe du Sénégal, pour aller disputer la Coupe d’Afrique des nations qui débute dans une dizaine de jours ? Passablement remontée, la star de 29 ans compara le sélectionneur à une « marionnette » pas plus tard que la semaine dernière. Toujours est-il qu’au milieu de ce collectif en sous-régime, deux joueurs auront eux brillé : un Tolga Zengin impérial dans ses cages, auteur entre autre d’un splendide arrêt sur un lob astucieux de Selçuk Inan, et un Gökhan Töre très en jambes et bien malheureux de voir sa frappe contrée échouer sur le coin de la transversale de Muslera.

Prise de bec et carton rouge

1420400841-3C’est cinq minutes après la reprise de la seconde mi-temps de ce match prudent mais néanmoins sympathique que Felipe Melo, à la réception d’un centre dans la surface, trompera Zengin d’une reprise du droit un peu ratée faisant rebondir le ballon au sol avant d’entrer dans les buts. Un but qui fait mal, mais relativement logique en raison des efforts de construction déployés par la bande d’un Sneijder très à l’aise techniquement et toujours un ton au dessus du reste grâce à sa vision et ses passes en une touche de balle. Lors d’une échauffourée générale quelque sept minutes plus tard, l’expulsion côté Beşiktaş de Veli Kavlak pour un geste sur ce même Sneijder nous rappelle que nous sommes bien dans un derby stambouliote. Si le carton rouge semble sévère, il n’en demeure pas moins inévitable puisqu’en Turquie comme ailleurs, la règle est la même : une main portée volontairement au visage se sanctionne d’une expulsion directe. C’est paradoxalement réduits à 10 et menés au score que les noirs et blancs vont reprendre le contrôle de la partie, bien aidés par l’entrée à la 75ème de Cenk Tosun à la place du fantôme de Demba Ba. Hélas, les dieux du foot se montrant parfois cruels, ils ne trouveront jamais le chemin des filets adverses. Pire, sur la dernière action du match, c’est Burak Yılmaz, un ancien de la maison, qui, s’échappant en contre à la suite d’un sprint inhabituel de sa part et bien plus convaincant que l’ensemble de son match, ira planter le but du 2-0, soignant au passage ses stats pour rejoindre Theofanis Gekas au sommet du classement des buteurs. Un score aussi flatteur pour lui qu’irrespectueux pour Zengin. Au final ce match fait les affaires de Fenerbahçe, premier, mais avec un seul point d’avance sur les deux protagonistes du soir. Enfin, précisons que si l’Aigle noir a laissé des plumes, le lion, lui, s’est quand même cassé une griffe, et pas la moindre, puisque Felipe Melo, buteur du jour et ratisseur aussi infatigable qu’agressif, est sorti sur blessure.

Alexandre De Grauwe-Joignon

 

1 Comment

  1. Töre Bjk

    Ça fait mal quand tes supérieur et quand tu perd. . L’aigle noir perd des plume. . J’espère qu’on gagnera à Liverpool pasque je serai en direct laba.

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