Culture

Sur les traces du « Stamboul » de Pierre Loti

Pierre Loti est un grand voyageur et romancier français du XXe siècle. Passionné par la Turquie et en particulier Istanbul, il y élu domicile pendant plusieurs années. Nous avons décidé de nous rendre dans ce qui était à l’époque son café de prédilection et qui porte aujourd’hui son nom.

Le Café Pierre Loti se trouve en plein milieu du cimetière d’Eyüp, lui-même situé sur une colline, non loin de la mosquée d’Eyüp. Cette mosquée est un haut lieu de pèlerinage pour les musulmans. Le quartier est donc très fréquenté par les pèlerins, en particulier lors des jours de fêtes religieuses. Le café, situé en hauteur donc, donne une vue imprenable sur la Corne d’Or et ses nombreux minarets. Pour y accéder, il faut emprunter un long chemin serpentant entre la verdure et les tombes. L’auteur appréciait l’endroit pour son calme et sa beauté, on dit qu’il venait ici pour trouver l’inspiration.

Aujourd’hui, un téléphérique permet de monter directement depuis la mosquée jusqu’au café. Après leur pèlerinage, les hordes de touristes se pressent donc sur la terrasse du lieu pour venir boire un thé et admirer la vue. Le café est désormais accompagné d’un restaurant « kebap » et d’une boutique souvenirs. Une authenticité perdue, que l’on retrouve tout de même lorsque l’on rentre à l’intérieur du café, beaucoup plus calme.

Pierre Loti et la Turquie

L’écrivain passa presque deux ans de sa vie à Istanbul – ou « Stamboul », comme il avait plaisir à l’appeler. Arrivé sur cette terre d’Orient un peu par hasard alors qu’il était encore officier de marine, il va finalement y rester plusieurs années. Pendant ce temps, il ne cesse d’écrire, de dessiner et de photographier ce qu’il considère comme « la ville unique au monde ». Il illustre son aventure à travers deux romans : Aziyadé (1879) et Fantômes d’Orient (1892). Bien que fictifs, ces ouvrages sont largement inspirés des expériences personnelles de l’écrivain.

Aziyadé est le premier roman de Pierre Loti à avoir été publié, de manière anonyme. Le récit retrace une histoire d’amour interdit vécue entre un officier de marine rochefortais et une jeune femme du harem d’un riche vieillard. L’auteur considère son roman comme « le récit, circonstancié et agrémenté de descriptions, d’une amourette à la turque ». Mais c’est en réalité bien plus que cela. Nous plongeant dans le quotidien d’Istanbul, Loti arrive à nous transporter à travers son histoire tout en y intégrant une réflexion politique sur le pays. Il est notamment reconnu pour avoir transformé positivement la vision que l’Occident avait de la Turquie.

Julia Prioult

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