Economie, International

Le tachygraphe turc en route vers le marché européen

Le géant de l’industrie de défense turque Aseslan souhaite s’imposer sur le marché européen avec son tachygraphe digital, un appareil de contrôle intégré à certains véhicules automobiles.

Un tachygraphe digital mesure et récolte de nombreuses données au sein d’un véhicule automobile. Le temps de conduite du chauffeur, la distance parcourue et la vitesse donnée à un moment précis sont par exemple enregistrés par l’appareil électronique pour un an. Une fois analysées, ces informations permettent de détecter les fautes du conducteur et constituent un important moyen de contrôle pour les entreprises et les autorités. Au sein de l’Union européenne, les vans, les camions ainsi que les véhicules ayant une capacité de neuf personnes doivent obligatoirement être équipés de tachygraphes par mesure de sécurité.

La compagnie Aseslan est présente sur ce marché du secteur civil et fait partie du faible nombre d’entreprises à fabriquer ce type de système. Une technologie qu’elle a développée selon les normes de l’Union européenne, lui permettant de s’exporter prochainement sur ce marché important. Selon le quotidien turc Hürriyet, en prenant en compte les véhicules entrants au sein de l’Union européenne, la demande annuelle de tachygraphe peut s’élever à près d’un million de pièces.

Ces appareils sont de plus en plus perfectionnés de nos jours. Ils permettent d’observer précisément les irrégularités du conducteur en terme de vitesse ainsi que son temps de repos, mais aussi de détecter d’éventuels manquements au Code de la route. De plus, la résistance des tachygraphes digitaux va en se perfectionnant et les tentatives de manipulations des données sont très souvent détectables par l’appareil.

Cette technologie entre sur le marché dès la première moitié du XXe siècle. Elle vise principalement à accroitre le nombre d’informations dont disposent les entreprises sur le temps de travail des chauffeurs routiers qu’elles embauchent. Le carnet des employés, appelé le « menteur », n’était pas suffisamment fiable. Le gouvernement français a ainsi imposé l’installation d’un tachygraphe dans leurs véhicules par la suite. Selon un article du Nouvel Observateur datant de 1975, l’appareil a immédiatement été surnommé le « mouchard » par les chauffeurs. Cela soulève le problème, d’autant plus valable de nos jours, d’un éventuel contrôle excessif des entreprises sur les travailleurs au détriment de leur vie privée et de leur liberté.

Jean-Baptiste Connolly

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