Découverte, Société

Targan Kozak : « Le plus important est d’aider nos membres à être au top de leur forme »

Discipline originaire des États-Unis et partie à la conquête du reste du monde, le CrossFit mélange les genres et révolutionne le conditionnement physique. À Istanbul, la salle CrossFit Blackboard, a ouvert ses portes il y a quelques mois dans le quartier de Sariyer. Nous sommes allés à la rencontre du francophone Targan Kozak, co-propriétaire et coach.

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Pouvez-vous commencer par vous présenter ?

Je m’appelle Targan Kozak, et j’ai 38 ans. Avec mon associé Barış, nous avons cette salle, Crossfit Blackboard, depuis à peu près huit mois. Nous en sommes les propriétaires, mais également les deux entraîneurs et coachs.

Quelles études avez-vous effectuées ? Quel était votre parcours avant l’ouverture de cette salle ?

Je suis diplômé du lycée Saint-Michel. Par conséquent, mon contact avec le monde francophone a commencé avec ma scolarisation dans ce lycée français. Par la suite j’ai étudié la littérature française à l’Université d’Istanbul. En parallèle avec mes études, je réalisais des missions en tant que guide-conférencier. J’ai ensuite obtenu une formation, ce qui m’a permis d’avoir le statut de guide francophone breveté par l’État. J’ai pratiqué ce métier pendant dix ans. Par la suite, j’ai continué dans le tourisme et j’ai travaillé dans divers pays pour plusieurs compagnies françaises.

Où par exemple ?

L’Égypte et la Tunisie entre autre. Je comprenais très bien l’arabe littéraire et, à l’oral, j’avais un assez bon niveau. Cela remonte à dix ans donc j’ai maintenant du mal à constituer mes phrases mis à part bien sûr les mots qui ressemblent à la langue turque. J’ai aussi travaillé et vécu en France, en Grèce, et aux États-Unis où mon séjour m’a permis de perfectionner mon anglais.

Quel contact aviez-vous avec le monde du sport ?

Je pratique le sport depuis que je suis tout petit. En effet, j’ai commencé la natation quand j’avais sept ans et je l’ai pratiquée pendant une année. À l’âge de huit ans, j’ai continué avec le Waterpolo pendant deux ans. Par la suite, j’ai poursuivi au club sportif de Galatasaray avec la voile, sport que j’ai pratiqué pendant dix ans. J’ai été dans l’équipe nationale vingt-cinq fois. J’ai arrêté parce que je faisais de la voile comme amateur et que j’étais, par conséquent, obligé de travailler à côté pour gagner ma vie. C’était une réelle passion et ça le restera toujours mais, au niveau où j’étais arrivé, à savoir le niveau national, il fallait s’entraîner à hauteur de cinq heures par jour et cela ne me permettait pas de faire autre chose. Il n’y avait pas de sponsors à l’époque en Turquie qui pouvaient faire en sorte que vous ne vous concentriez que sur l’amélioration de vos performances pour les compétitions. En bref, le projet a été mûrement réfléchi, et le sport est un milieu dans lequel j’ai toujours baigné. Quand je faisais de la voile ou encore du waterpolo, le fitness faisait déjà partie de ma routine, dans la salle, avec des coachs spécifiques et des entraînements assez lourds. Par ailleurs, j’ai commencé à faire des études plus poussées dans ce milieu afin d’y développer mes expériences.

Il y a-t-il eu un moment décisif ?

Personnellement, l’expérience qui m’a le plus apporté est celle au États-Unis, où j’étais allé passer un diplôme dans une salle de gym appelée Gym Jones. C’est un endroit conçu pour les personnes désirant repousser leurs limites d’une façon, disons, exceptionnelle. L’équipe de cette salle est reconnue internationalement dans le monde du fitness. Ce sont par exemple eux qui ont entraîné l’acteur Henry Cavill, qui a joué dans le dernier Superman, mais aussi Gérard Butler, pour son rôle de Léonidas dans le film 300. En matière de fitness, je vois les membres de cette équipe comme mes mentors non seulement parce qu’ils vous encouragent à repousser vos limites mais aussi parce que j’adhère à leur philosophie : s’entraîner pour la vie et toujours se préparer à ses coups durs. De plus, avoir une discipline de travail est une chose très importante. Pour moi, elle est devenue une discipline de vie : quand j’ai un problème dans la famille, ça me permet de ne pas baisser les bras, ça me permet également de ne pas me laisser faire, ou bien de me battre, et ce jusqu’au bout.

Est-ce une philosophie que vous cherchez à transmettre à vos clients ?

J11160412_10153068041617819_992764769_n(1)e pense que lorsque les gens viennent chez nous, ils font la même chose parce que c’est l’état d’esprit qui règne dans la salle. Ici, les gens souffrent parfois physiquement, et repoussent beaucoup leurs limites. Des fois avec des poids lourds, des fois simplement avec les vélos ou les rameurs. Mais, à la fin, ils découvrent qu’ils sont bien plus que ce qu’ils croyaient être physiquement. Il y a naturellement une certaine satisfaction d’être allé jusqu’au bout. Toutefois, le plus important est que la motivation est la clé de tout succès, et que le mental est crucial. Une fois qu’on comprend ça dans ces activités sportives, on sait que dehors aussi, mentalement, on est forts ; on peut résister à bien plus d’évènements tristes et durs dans la vie. Dans la salle, notre but est de faire en sorte que les personnes qui viennent s’y entraîner soient au meilleur de leur forme, qu’ils puissent jouer avec leurs enfants si la vie, mais aussi leur santé, le leur permet.

Notre principe à Barış et moi, c’est de donner l’exemple. Nous sommes toujours ceux qui se lèvent le plus tôt, et ceux qui se couchent le plus tard. Les gens nous respectent pour cela : si on leur demande de faire quelque chose, ils nous font confiance car ils savent que nous l’avons testé que nous avons été à leur place. Et ils reviennent.

Quel type de personnes vient s’entraîner chez vous ?

11185836_10153068041442819_176783342_n(1)Beaucoup de cadres qui viennent souvent s’entraîner le matin avant d’aller au travail, mais aussi le soir, après ce dernier. Ce sont des hommes et femmes qui exercent des métiers à responsabilité. Ils sont, en général, très actifs, et avec beaucoup de caractère. Nous avons également beaucoup de jeunes, des étudiants, et enfin des jeunes partis faire leurs études aux États-Unis et qui sont revenus. Je dirais que nous avons des personnes diverses et différentes, il est difficile de dire que nous avons un type de clients bien spécifique. Tout le monde est le bienvenu chez nous. Toutefois, le point en commun des personnes fréquentant actuellement la salle est leur caractère sociable. Effectivement, les gens communiquent beaucoup entre eux.

Avez-vous des enfants parmi vos clients ? À partir de quel âge peut-on accéder à votre salle ?

Oui, les samedis nous avons des entraînements pour les enfants. Nous les prenons à partir de six ans car ils peuvent commencer à partir de cet âge-là. Ensuite, nous faisons des cours suivant différentes tranches d’âge. Mais ce n’est pas assez répandu pour l’instant. Nous avons beaucoup d’adultes, mais très peu d’entre eux ramènent leurs enfants, car nous ne les avons pas non plus poussés à le faire.

Qu’est-ce que le CrossFit ?

Cette discipline a été fondée il y a un peu moins d’une dizaine d’années aux États-Unis par un entraîneur qui s’appelait Greg Glassman. CrossFit signifie Cross fitness et renvoie aux différentes disciplines de fitness ou de sports d’endurance qui se retrouvent dans cette pratique. Là-dedans, vous avez aussi bien de l’haltérophilie (olympique), que de la gymnastique et de l’athlétisme.

Quelle est la particularité de cette salle ?

11180127_10153068041207819_1741296306_n(1)Pour faire simple, nos membres qui choisissent de pratiquer le CrossFit vont ramer, lever des poids, grimper des cordes, porter des poids d’un endroit à l’autre, et travailler avec beaucoup de différents outils. Nous n’allons pas juste essayer de les faire grandir physiquement et musculairement ; nous n’allons pas simplement faire des exercices d’hypertrophie (isoler des muscles précis), et leur faire accomplir une dizaine de répétitions jusqu’à ce qu’il y ait une déchirure des fibres musculaires. Pour nous, le plus important est d’aider nos membres à être au top de leur forme. Aussi, nous assurons un suivi personnalisé auprès de nos clients, en fonction de leurs buts et besoins respectifs. Enfin, ceux qui sont francophones peuvent s’adresser à moi et avoir ce contact en français. Sans oublier que j’assure les entraînements avec mon associé et que je suis présent dans la salle pendant les horaires d’ouverture.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans ce projet ?

Tout d’abord, j’ai voulu faire d’une de mes premières passions mon travail. J’étais dans le tourisme mais je n’aimais plus ce domaine, je voulais arrêter. Aussi, quand j’étais guide-conférencier, je voyageais chaque semaine. Néanmoins, au bout d’un certain âge, il faut se calmer, et fonder une famille. De plus, j’ai un fils qui va avoir bientôt deux ans. J’ai donc envie de passer plus de temps avec ma famille. J’aspire à cette stabilité.

Propos recueillis par Sara Ben Lahbib

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