Cinéma

Taxi 5 la relève ou la chute de Luc Besson


Aussi attendu que la coupe du monde de football en Russie cette année, la saga taxi a fait son grand retour sur les écrans avec cette fois-ci Franck Gastambide à la réalisation et Malik Bentalha en rôle principal.

Si le rôle d’Emilien a été troqué pour celui de Sylvain, tout comme Daniel pour Eddy, Samy Naceri et Frédéric Diefenthal nous ont véritablement manqué pour laisser place à notre plus grand regret au duo Gastambide – Bentalha.

A LA LIMITE DU NANAR

Initialement réalisé et imaginé par Luc Besson, Taxi, au fil des années s’est véritablement inscrit au sein du patrimoine cinématographique français. Aussi culte que les plus grandes comédies, on s’est alors demandé comment Luc Besson a pu laisser faire un tel carnage. Que Nenni, l’œil d’Abel était dans la tombe et regardait Caïn ; puisque Luc Besson a bel et bien gardé la main sur son petit bébé en étant producteur sur ce volet en ayant bien évidemment vendu la franchise Taxi.Véritable déception, pire, c’est un crime de lèse majesté, dont Taxi 5 est accusé. A la hauteur du navet de Pattaya, Franck Gastambide tente de reproduire les scènes d’actions et de cascades du film originel mais en vain. Le scénario quant à lui est timide, et manque réellement de profondeur alors que l’intrigue elle-même est catastrophique à la limite de l’incompréhension et du nanar.

L’intrigue est des plus incongrue : un gang d’italien, accro aux courses de Ferrari et Lamborghini aurait volé un soit disant bijoux précieux. Bref, vous l’aurez compris, le scénario forge une histoire d’emblée pathétique. Rien de très compliqué, mais ce long métrage est à la limite de la vraisemblance puisque le taxi de marque Peugeot, rivalise alors, lors de courses poursuites, avec les belles italiennes, et rien que pour ça, il fallait en avoir de l’imagination !

En vérité, il s’agit plutôt d’un placement publicité pour ces luxueuses marques, et pas sûr que ces dernières aient adopté la bonne stratégie. C’est également à se demander comment les réalisateurs ont osé commencer le film avec une Mercedes zigzagant dans les étroites rues de Paris à une vitesse stupéfiante ; même pas sûr que Sébastien Loeb aurait pu faire mieux.

ET GASTAMBIDE FIT UN BIDE

Le jeu des personnages est à lui seul une calamité, quant on sait que les protagonistes initiaux tendaient à faire vivre le film avec toute leur âme. Il s’agit d’un film de potes, somme toute, sans réel intérêt pour le public.

Même les cascades frôlent l’hilarité, le tout à travers des plans grossiers et des blagues potaches, qui restent bien éloignés du travail d’orfèvre de Luc Besson, qui a eu le génie de réussir à nous faire oublier la présence de Marion Cotillard dans Taxi 2. Ainsi, Taxi 5 ne fait rire que ces auteurs, ne rivalisant alors qu’avec lui mêmSi il est de bon ton de ne pas réhabiliter des films entrés au panthéon du cinéma français, Franck Gastambide aurait dû s’abstenir, tout comme les spectateurs assis dans une salle immense quasi vide. Comme dans la loi des séries, fatalement, Taxi 5 est à l’image des films actuels de Luc Besson, un carnage bien orchestré où seules leurs bandes annonces donnent envie d’être regardées.

Charlotte Lelouch

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