Politique

Tentative de coup d’État en Turquie

Vendredi 15 juillet au soir, alors que les rues d’Istanbul et d’Ankara étaient encore pleines de vie, le temps a semblé se suspendre et tout a basculé. Une tentative de coup d’État militaire a éclaté.

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Vers 22h, c’est d’abord les ponts qui étaient bloqués par les militaires puis tout est allé très vite.

Le Premier ministre, Binali Yıldırım est intervenu à la télévision et a dénoncé une tentative de coup d’État « illégale » par un groupe au sein de l’armé qui en paiera « le prix le plus élevé » : « Un groupe de militaires agissant sans l’autorité de leurs supérieurs a commis une attaque illégale. Notre peuple doit savoir que nous n’autoriserons aucune action antidémocratique. »

Puis, dans un communiqué publié sur le site de l’État major, c’était les putschistes qui annonçaient avoir pris le pouvoir.

Le Président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a écourté ses vacances dans sa résidence de Marmaris. Dans l’avion qui l’amenait à Istanbul, il s’est exprimé par téléphone sur la chaîne d’information CNN-Türk et a appelé les citoyens turcs à résister à ce « soulèvement d’une minorité au sein de l’armée » en descendant dans les rues.

La suite reste confuse. Des affrontements et des manifestations ont eu lieu pendant la nuit à Istanbul et à Ankara et des détonations impressionnantes ont été entendues dans ces deux villes, conséquences des bombardements de F-16 à l’encontre des chars contrôlés par les dissidents militaires.

À Istanbul, d’importantes artères de la ville ont été bloquées par les forces armées notamment près de la place Taksim. Quant au dispositif policier, celui-ci a été déployé de façon impressionnante. Un photographe de l’AFP a aussi rapporté que, dans la plus grande métropole de Turquie, des soldats auraient ouvert le feu sur des civils, blessant ainsi plusieurs personnes.

Il semble que les évènements aient été encore plus violents à Ankara où l’armée s’est déployée autour du Parlement qui fut par la suite bombardé par des raids aériens.

Selon un dernier bilan de l’agence gouvernementale Anadolu, les affrontements auraient entrainé la mort de 90 individus, civils et policiers, tandis que 1 150 personnes seraient blessées. Reprenant ce bilan, le général Umit Dundar, le nouveau chef d’état-major, a annoncé au moins 194 morts, dont 104 putschistes et 90 civils et loyalistes.

Le premier ministre turc a quant à lui dressé un nouveau bilan en évoquant 161 victimes et 1 440 blessés parmi les civils et les forces loyalistes. Ce dernier a également stipulé que 2 839 militaires auraient été arrêtés.

Il est difficile de donner pour l’heure davantage de détails sur le déroulement des heurts;  ce ne serait que porter des ouïes-dires ou des informations sans fondements solides.

Dans la nuit, les autorités civiles turques ont assuré que la tentative de coup d’État était « largement sous contrôle ». Arrivé à Istanbul, Le Président de la République turc a accusé les partisans de Fehtullah Gülen d’être derrière cette « trahison », ce que ce dernier a démenti. 

Sous le regard des caméras, les putschistes ont finalement peu à peu déposé leurs armes et été arrêtés par les forces de sécurité à Istanbul. L’Agence France-Presse, renseignée par un responsable turc qui est resté anonyme, a avancé ce matin que 1 563 militaires liés à la tentative de coup d’État ont été arrêtés.

Les services consulaires français et l’ambassade exhortent les ressortissants français à ne pas sortir, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Camille Saulas. 

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