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Tourisme médical : la Turquie ambitionne d’être le centre hospitalier de la région

Se faire soigner en Turquie s’avère de nos jours un choix avantageux. Depuis quelques années, les offres de soins ne manquent pas pour les étrangers. Si bien que le nombre de « touristes médicaux » a bondi dans le pays.

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C’est un business en plein essor. Son chiffre d’affaires dans le monde est évalué à 60 milliards de dollars et il devrait atteindre une croissance de 20 % par an. Le tourisme médical est un marché porteur dans de nombreux pays : Canada, Royaume-Uni, Singapour, Inde… Tous ont développé des stratégies pour attirer toujours plus de patients étrangers et garnir les caisses de leurs hôpitaux. Et la Turquie n’en est pas en reste. Elle s’est même dotée, en 2005, d’un Conseil de développement du tourisme de la santé. Interrogée par le quotidien Hürriyet, sa présidente Meri İstiroti souligne qu’en dix ans, le pays a su se tailler une place sur le marché mondial des soins. « Aujourd’hui, la Turquie est internationalement reconnue comme une destination médicale. »

Plusieurs raisons expliquent ce nouveau statut. Tout d’abord, la qualité des soins prodigués. Le pays se targue d’avoir le plus  grand nombre d’établissements hospitaliers accrédités par la Commission mixte internationale (JCI), une organisation américaine qui évalue la qualité des services de santé, suivant des standards internationaux. 56 institutions de santé sont ainsi certifiées. Ensuite, « il est possible de rallier la Turquie en 3-4 heures depuis 40 villes dans le monde. Et puis, les patients étrangers n’ont pas à attendre longtemps avant de recevoir un traitement médical », explique Cevdet Çağan, directeur de Healthcare Tour, une agence spécialisée dans le tourisme médical. Située dans le quartier de Zincirlikuyu à Istanbul, cette agence joue le rôle d’intermédiaire entre les patients et les hôpitaux avec lesquels elle est en contrat. Les clients qui lui font appel sont surtout soucieux d’obtenir des traitements médicaux de pointe à bas coût.

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Cevdet Çağan, directeur de l’agence Healthcare Tour.

Dans les établissements de santé turcs, l’offre de soins est assez large et la plupart des maladies connues peuvent être traitées. En plus de cela, des cliniques proposent également des services médicaux plus spécifiques : soins dentaires, greffes de cheveux, opérations ophtalmologiques ou encore traitement de l’infertilité. La majeure partie des patients viennent de la région : des pays arabes, de l’ex‑Union soviétique et des Balkans. Mais depuis quelques temps, le nombre de malades issus d’Europe et d’Amérique est en nette augmentation.

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Les implants capillaires, une nouvelle spécialité turque.

Plus de 700 000 patients étrangers en 2014

Si le tourisme médical s’est ainsi développé en Turquie, c’est aussi le fruit d’un intense travail de promotion de la compétence turque. Plusieurs congrès sont organisés chaque année à Istanbul pour réunir les acteurs internationaux du secteur. Et même dans les airs, les voyageurs de Turkish Airlines ont le droit à une brochure éditée par l’agence Healthcare Tour. La compagnie aérienne nationale est prête à offrir 10% de réduction aux étrangers qui se rendent en Turquie pour des raisons médicales.

Et certains sautent le pas. On voit de plus en plus de touristes fouler le sol turc pour se soigner. Leur nombre a été multiplié par quatre entre 2005 et 2010. L’an passé, les hôpitaux turcs ont accueilli 727 000 patients, engrangeant 5,5 milliards de dollars de gains, selon les chiffres énoncés par Meri İstiroti. « Notre objectif est de recevoir 2 millions de patients et d’atteindre 20 milliards de dollars de revenus en 2023 », a-t-elle précisé.

Mais ce développement n’est pas toujours vu d’un bon œil. Car le marché est dominé par des acteurs privés. Ces derniers, qui se livrent à une concurrence féroce, sont les grands bénéficiaires de ces excellents résultats. Il faut savoir que la privatisation de la médecine, opérée dans les années 1990, a entraîné une nette augmentation du nombre d’établissements privés. En 2013, on en dénombre plus de 600, accueillant environ 20 % de la population turque, d’après une étude réalisée en 2014 sur le tourisme médical en Turquie.

Pour Ayşecan Terzioğlu, assistante professeur de sociologie à l’Université Koç et auteur de cette étude, la croissance de ce marché peut conduire à une situation d’inégalité dans l’accès aux soins. Selon elle, les établissements privés toujours plus performants bénéficient d’investissements massifs. Tandis que les hôpitaux publics fréquentés par les patients issus des milieux défavorisés, sont plus négligés, engendrant un accès aux soins à deux vitesses.

Mais Cevdet Çağan balaie d’un revers de la main cette critique. Il en est persuadé : le développement du tourisme médical peut permettre un nivellement vers le haut de l’ensemble du secteur de la santé. « Les revenus générés par les hôpitaux privés sont taxés, ce qui permet à l’Etat d’investir à son tour dans les centres hospitaliers publics », estime-t-il.

Une carence en ressources humaines

Quoi qu’il en soit, le secteur prend de l’ampleur. « Nous avons commencé avec les cas non urgents, comme la chirurgie plastique, la chirurgie dentaire et l’infertilité. Nous sommes maintenant passés à des traitements de patients à risque élevé, atteints par exemple de cancers colorectaux ou de tumeurs cérébrales. […] Et nos investissements sont destinés non seulement aux 80 millions de Turcs mais aussi à 650 millions de personnes dans notre région », indique Meri İstiroti.

Reste un problème qui demeure : le manque de ressources humaines. Si la Turquie a connu une forte hausse du nombre de praticiens cette dernière décennie, elle est toujours l’un des pays de l’OCDE ayant le plus faible nombre de médecins sur son territoire. En 2013, on dénombrait 1,8 médecin pour 1000 habitants alors que ce nombre se situait autour de 3 pour les autres pays de l’OCDE, l’Organisation de la coopération et du développement économique, union de 34 pays avancés et en développement. La carence en infirmiers est encore plus criante : seulement 1,8 infirmier pour 1000 habitants contre une moyenne de 8,6 pour les autres membres de l’OCDE. « Pour le moment, nous ne disposons pas d’un nombre élevé de professionnels de santé exerçant en Turquie », avait admis, en 2014, le ministre de la Santé Mehmet Müezzinoğlu. « Nous prévoyons de recruter des professionnels de santé hautement qualifiés, y compris des médecins et des infirmiers formés en Occident, en particulier en Grèce et plus largement en Europe », avait-il ensuite avancé.

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Mehmet Müezzinoğlu, ministre turc de la Santé.

Malgré cet obstacle, la Turquie dispose de nombreux atouts. Le pays s’efforce d’améliorer et de développer ce secteur, que ce soit au niveau public ou privé. Et c’est justement au travers d’un partenariat public-privé qu’est né, en 2013, le projet « Big city hospitals » qui prévoit la construction de 15 hôpitaux régionaux et d’un centre de santé à l’horizon 2024. À l’issue de ce projet, la capitale turque devrait être dotée du plus grand hôpital européen et sera plus à même de soigner les malades, d’où qu’ils viennent.

Khadija Ben Hayyan

12 Comments

  1. Où se soigner moins cher à l’étranger ?
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  2. Sidibe

    Je suis malienne et je souffre de maux de ventre depuis à bas âge actuellement j’ai 31ans et à deux enfants j’aimerais venir me traite en Turquie car j’ai entendu des commentaire sur votre efficacité. Merci de me donner une réponse sur comment procédé? Ma venu est prévu pour le 03 janvier. Merci

    • Asmaa

      Bonjour,
      Nous sommes à l’écoute concernant votre problème de santé et votre souhait de se soigner en Turquie.
      Merci de nous laisser vos coordonnées par mail.
      Cordialement

  3. Jo

    Nous vous proposons des greffes de cheveux en Turquie à des tarifs très abordable.
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  4. moussa

    Mon préféré centre implant Capillaire en Turquie Docteur Arslan de hairmedico http://www.greffedecheveuxistanbul.com ou http://www.haimedico.com

  5. DJOCK THOMAS

    Ma femme âgée de 26ans est atteint d’un cancer de sein métastasé de type her2 +, elle s’est fait opéré en Tunisie et le reste du traitement avec herceptin et radiothérapie s’est déroulé au Cameroun cela fait 1an. Mais il y’a près d’une semaine lors d’un contrôle il a été dépisté (examen scintigraphie osseuse) des présences suspectes lombaire et dans l’abdomen. Le médecin nous a conseillé d’arriver en Turquie pour des examens plus poussés et avec un traitement spécifique de l’abdomen.
    Nous voulons plus de renseignements, orientations et comment s’y prendre. Merci

    • Asmaa

      Bonjour,
      Nous sommes à votre disposition pour se faire soigner en Turquie.
      Laisser nous vos coordonnées par mail.
      Cordialement

  6. Ma femme âgée de 70 ans souffre d’arthrose des genoux et d’autre maux je voudrais lui faire un bilan santé complet et ĺa soigné et pour l’hébergement vous occuper aussi .?

  7. Je suis algérien mon petit fils à la maladie de drepanocitose puis je le soigner en Turquie merci

  8. Je voudrais savoir si vous avez la spécialité de cette maladie drepanocitose merci

  9. D.h

    Bonjour

    Je suis algerienne, mon fils est imc je voudrais lui faire passer des examens supplementaires et ainsi que des informations sur la reeducation fonctionnelle ainsi que les appareils.

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