Culture

Tous les styles de musique sont au Babylon

Le Babylon fait partie de ces endroits qui ne rentrent pas dans des cases prédéfinies. En effet, il serait impossible de lui coller une étiquette tant les artistes programmés ici viennent d’univers différents. Ce weekend, sur la scène de cette petite salle de concert située dans le quartier Tünel, les propositions étaient aussi variées qu’enrichissantes.

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jj, groupe scandinave à l’énergie mélancolique

Vendredi, un groupe suédois un peu barré, jj, a offert une expérience et une prestation franchement originale. Joakim Benon et Elin Kastlander entrent sur scène silencieusement, les mains dans le dos. Tout en chantant, elle reste stoïque dans sa robe noire, tandis qu’il fait danser ses mains dans son dos. Ils n’échangent pas un mot avec le public et ne reviennent pas pour un rappel. On comprend que cette froideur fait partie de la mise en scène de leur univers, frôlant avec les limites de la folie. Le guitariste secoue ses longs cheveux blonds, enlève sa chemise, prend de la hauteur. « Chacun peut se servir de notre musique pour s’explorer. », expliquait-il aux Inrocks qui les avait suivi en Suède lors du festival Yard. En effet, le nom du groupe, leur prestation ainsi que leurs clips ne sont pas explicites et chacun en retire une émotion ou un ressenti bien différent.

Le couple se rencontre en terminale. Ensemble, ils découvrent la musique par ordinateur. Pour le jeune Joakim, éternel solitaire, cette façon de faire et d’écrire la musique en dehors d’un groupe sera une libération, la voix d’Ellin une « révélation ». Son travail exprime une colère contre les excès qui l’entourent, contre une société qui exclue. Sa musique est libre, à l’image de son monde rêvé, une utopie communautariste. Le groupe ose des mélanges, oscillant entre pop, hip hop et électro, sans chercher à coller aux modes.

Omar Souleyman : le chanteur populaire devenu icône hype

Samedi, Omar Souleyman, musicien Syrien qui mêle électro et musique traditionnelle (arabe, kurde, ou même turque) a fait danser un public venu en masse. Les mouchoirs et les serviettes ont tourné au-dessus des têtes pour le folklore de la dabkeh, une danse traditionnelle masculine. D’abord connu comme chanteur de mariage, très populaire dans son pays, il a percé en Occident en 2004 par l’intermédiaire du label américain Sublime Frequencies. Son dernier album, produit par Four Tet, use à foison de synthés et de boites à rythmes. Sur scène, il marche d’un pas tranquille mais assuré, son keffieh rouge et blanc sur la tête, ses lunettes noires vissées sur le nez. Il a le look d’un bédouin mais ne parcourt plus les villages pour faire danser les mariés. Désormais, sa carrière se fait sur les scènes internationales et il a même été sollicité par Björk pour un remix de ses chansons Crystalline et Thunderbolt.

Dimanche, le talentueux Fink était au programme. On est prêt à parier que le weekend s’est terminé en beauté !

Adèle Binaisse

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