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Traque des Kouachi : un dénouement sanglant

Les deux frères Kouachi, présumés coupables de l’attentat qui a eu lieu mercredi en fin de matinée contre le journal satirique français Charlie Hebdo ont été identifiés et localisés dans l’Aisne. Quelles sont les avancées de l’enquête ? Que sait-on des suspects impliqués ?

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Juste avant d’effectuer une opération d’assaut à Reims, les membres de la police sont parvenus à identifier les suspects : deux frères Chérif et Saïd Kouachi, âgés respectivement de 32 et 34 ans. Un troisième homme, Hamyd Mourad, beau-frère de Chérif Kouachi, est soupçonné d’être impliqué dans police reimsl’attentat. Il s’est rendu dans la soirée du mercredi au commissariat de Charleville-Mézières où il a été placé en garde à vue. Selon des sources proches du dossier, il s’est présenté « après avoir vu que son nom circulait sur les réseaux sociaux ». Il est vivement soutenu par ses camarades de classe sur le réseau social Twitter qui déclarent que le jeune homme était présent en cours avec eux quand l’attaque a éclaté. L’identification des frères Kouachi a été rendue possible grâce à une carte d’identité abandonnée dans la Citroën C3 après leur fuite près de la Porte de Pantin. Les images des fugitifs, prises par les caméras de sécurité de la ville, ont aidé à compléter le portrait-robot dressé à partir du témoignage de l’automobiliste de la voiture volée. Parallèlement éclatait dans la commune de Montrouge une autre attaque coûtant la vie à une policière de 25 ans. L’assassin a rapidement pris la fuite.

Deux voyous radicalisés

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Chérif et Saïd sont nés à Paris dans le Xe arrondissement et sont de nationalité française. Une source policière les décrit comme suit : « Ils ont un profil de petits voyous qui se sont radicalisés ». En 2008, Chérif, le plus jeune, a encouru 3 ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis. Et pour cause, il appartenait à une filière responsable de l’envoi de djihadistes de l’Hexagone vers l’Irak pour y rejoindre les branches locales d’Al-Qaïda dirigées par Abou Moussab Al Zarkaoui. En 2010, soit deux ans plus tard, il prend part à la tentative d’évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé algérien, connu sous l’acronyme GIA. Chérif Kouachi était aussi soupçonné d’entretenir des liens avec Djamel Beghal, représentant également l’islam radical français. Il a participé, entre autres, à des entraînements. Cependant, il bénéficie d’un non-lieu après avoir été mis en examen dans ce dossier. De son côté, Saïd Kouachi n’en serait pas non plus à son coup d’essai puisqu’il se serait initié au salafisme dans la ville portuaire de Shihr, au Yémen. Sur les photographies des quatre suspects, les frères Kouachi, Coulibaly, ainsi que sa compagne, adoptent tous une expression sérieuse. La police est mobilisée pour l’instant à la poursuite des deux fugitifs évadés, et prévient la population autour de la porte de Vincennes. Elle emploie tous les moyens nécessaires afin de pouvoir rendre justice à ceux qui sont morts pour avoir exprimé leur opinion.

Double intervention

Ce vendredi matin, des échanges de coups de feu ont eu lieu dans la zone artisanale de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne, où les deux Kouachi se seraient retranchés, prenant en otage l’employé d’une entreprise du secteur. Au même moment, un supermarché casher situé porte de Vincennes devient lui aussi le théâtre d’une prise d’otage de cinq personnes, vraisemblablement par le même HyperCacherParishomme qui a agi à Montrouge la veille. En début d’après-midi, un lien a été établi par la police entre le tireur de Montrouge, qui s’appellerait Amedy Coulibaly, et les frères Kouachi. Ils se connaitraient et feraient tous les trois partie de la même filière djihadiste dites des Buttes-Chaumont. Toutes les forces d’intervention, parmi lesquelles le CIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale), le Raid, le GIPN (Groupe d’Intervention de la Police Nationale), et le BRI (Brigade de Recherche & d’Intervention), ont été réunies sur les deux théâtres d’opération. Vers 17 heures, après une longue attente, des tirs ont retenti, et des explosions ont pris effet sur les lieux de la première prise d’otage, à savoir une imprimerie de Dammartin-en-Goële. Chérif et Said Kouachi ont été éliminés pendant l’assaut. Pendant ce temps, dans le supermarché casher situé Porte de Vincennes, l’intervention a elle aussi eu lieu, coûtant la vie à cinq personnes : le terroriste présumé, et au moins trois otages…

Les opérations sont désormais terminées, mais l’enquête, elle, ne fait que commencer.

Sara Ben Lahbib

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