International, Politique

Une trève de 72h à Gaza : quels espoirs pour les négociations ?

Après l’annonce par le porte-parole de la défense israélienne, Peter Lerner, de la destruction totale des tunnels utilisés par les combattants du Hamas pour pénétrer le territoire sous contrôle israélien, les pressions des observateurs internationaux se sont accrues pour le retrait de Tsahal de la bande de Gaza. Ce mardi 5 août, Peter Lerner a annoncé le retrait des forces israéliennes avant une trêve de 72 heures.

Parmi les trois objectifs affichés par Tsahal depuis le 8 juillet, début de l’opération terrestre à Gaza, figurait en priorité la destruction des tunnels employés par le Hamas pour perpétrer leurs attaques sur le territoire israélien.  Capture d’écran 2014-08-05 à 15.17.21

L’annonce par Peter Lerner de l’atteinte de cet objectif, le mardi 4 août, a entraîné une certaine hausse de ton dans les milieux diplomatiques internationaux. La condamnation des exactions perpétrées contre les civils Gazaouis, exaltée après plusieurs événements injustifiables – bombardement de trois écoles de l’ONU, meurtre en direct d’enfants palestiniens jouant sur une plage – trouve son acmé alors que la raison d’Etat sécuritaire s’estompe avec la destruction des tunnels.
Les accusations tombent de plus en plus lourdement contre Israël, que ce soit celles de l’ONU, de diplomates ou d’ONGs internationales, comme Amnesty International qui mène une campagne de pression auprès du secrétaire aux Affaires Etrangères américain John Kerry, accusé de double jeu en raison des ventes d’armes discontinues du pays à l’allié israélien.

La trêve de 72 heures, signée au Caire hier soir, occasionne le redéploiement des forces israéliennes en position défensive, autour de la bande de Gaza. Dès ce matin, le général Moti Almoz affirme que toutes les forces militaires israéliennes « sont sorties de Gaza ». Elle doit permettre la négociation d’un accord empêchant la reprise des violences, mais ce cessez-le-feu, neuvième en date depuis le 8 juillet, reste fragile. A Gaza même, les populations saisissent leur chance de retourner auprès des habitations détruites, de récupérer leurs biens, et parfois leurs morts, sous les décombres. L’accès humanitaire est facilité, notamment vers Rafah et le sud de la bande de Gaza, sur lequel se sont concentrées les offensives ces derniers jours, et où la situation médicale est urgente et catastrophique. Si la trêve offre un répit, peu nombreux sont les Palestiniens qui croient à sa pérennité.

GazaEn effet, le discours du Premier ministre Nétanyahou ne varie pas de celui de ces derniers jours. Bien que l’objectif militaire ait été atteint, il argue de la poursuite d’opérations militaires, sous d’autres formes que terrestres. De plus, les exigences du Hamas pour la mise en place d’une solution de plus long-terme qu’une trêve, qui ont été rendues publiques depuis des jours, semblent irréalistes eut égard à la fermeté des positions israéliennes : retrait des troupes israéliennes de l’enclave, levée du blocus économique imposé au territoire, libération des prisonniers politiques palestiniens (particulièrement ceux qui ont été libérés puis enfermés de nouveau dans l’échange contre le soldat Gilad Shalit), et le début d’une aide à la reconstruction. Le vice-ministre palestinien de l’Economie Tayssir Amro estime les dégâts causés par la guerre à 4 ou 6 milliards de dollars, au minimum (AFP).

Les conditions d’une négociation fructueuse sont cependant réunies, puisque le Hamas considérait toute attaque contre les tunnels comme une raison de reprise des combats, alors qu’Israël ne l’intègre pas dans les garanties d’un cessez-le-feu. Reste à savoir si les causes de la guerre vont être examinées : les éruptions de violence sporadiques entre Israël et la bande de Gaza, plus ou moins cycliques depuis 2008, ne peuvent être résolues sans le règlement politique du blocus que subit l’enclave à cause d’Israël et de l’Egypte.

Aprilia Viale

 

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