Société

Triste anniversaire : les deux ans aujourd’hui de la catastrophe minière de Soma

Il y a deux ans jour pour jour, la Turquie a connu la catastrophe industrielle la plus grave de son histoire. Au moins 301 personnes y ont perdu la vie. Qu’en est-il depuis ?

Catastrophe de Soma

Une explosion ayant marqué les esprits

Le 13 mai 2014 à 15h10, une explosion s’est produite dans la mine de Soma, district de la province de Manisa. Les ouvriers qui y travaillaient sont alors coincés à plusieurs centaines de mètres en dessous du sol. Plus de 300 morts dans une seule et unique mine : cet incident, tant minier que du travail, a profondément marqué la société turque mais aussi internationale.

Le gouvernement en place avait alors décrété trois jours de deuil national. Du côté du peuple turc, beaucoup manifestaient leur soutien sur les réseaux sociaux, certains protestaient dans la rue. Ce qu’il s’est passé à Soma a en effet provoqué une dénonciation générale des failles sécuritaires au sein des lieux de travail turcs, en particulier dans les mines où plus de 3000 personnes sont décédées depuis 1941.

Les gouvernements du monde entier ont exprimé leur soutien. Les artistes ne sont pas en reste. L’on peut notamment citer la participation du chanteur Bob Dylan à un concert dont les bénéfices ont été reversés aux familles des victimes de Soma.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Suite à cette catastrophe minière, 45 personnes ont été poursuivies en justice en avril 2015. Parmi elles, les huit plus haut cadres de la société qui exploitait la mine de Soma. Ce procès s’est inscrit dans un contexte particulier. Les cadres ont notamment été exceptionnellement poursuivis pour meurtre et des peines de plus de vingt ans ont été requises à leur encontre. Il semble que la justice souhaite par là des sanctions exemplaires pour une catastrophe dont l’ampleur a été unique et bouleversante en Turquie.

Il y a quelques jours, le 10 mai, Kemal Kiliçdaroglu (CHP) accusait le pouvoir en place de n’avoir guère tenu ses promesses pour améliorer les conditions de vie des mineurs en Turquie. Le gouvernement s’en est défendu, listant les mesures prises à ce sujet.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, les familles des victimes sont parties se recueillir sur les tombes, en présence d’une poignée de journalistes. A Zonguldak, des mineurs ont tenu à commémorer les victimes, notamment à travers une prière commune.

Si elle a engendré une dénonciation plus vive des conditions de travail en Turquie, et qu’elle a été source de vives contestations à l’égard de divers acteurs politiques et économiques, cette catastrophe reste surtout un traumatisme toujours présent dans les esprits.

Kiymet Altan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *