Découverte, Environnement, Société

Trois districts turcs bientôt labélisés « slow cities »

Le quotidien Hürriyet rapporte que trois districts turcs ont été nominés pour rejoindre le Réseau international des villes du bien-vivre (Cittaslow).

Fondé en 1999, en Italie, Cittaslow s’inscrit dans un mouvement d’urbanisme où la ville devient un concept prônant la décroissance économique et le nouvel urbanisme. Exit le stress du quotidien, la circulation, ou encore la pollution visuelle et auditive ! Bonjour conscience écologique, mise en valeur du patrimoine historique et culturel. L’important c’est le « vivre ensemble », en toute harmonie et dans tout ce qui fait notre diversité.

C’est aujourd’hui le district de Köyceğiz (Muğla), de Kemaliye (Erzincan) et d’Ahlat (Bitlis) qui pourraient rejoindre prochainement les 15 villes turques qui font déjà partie de ce qui est devenu un réseau international. Une nouvelle rapportée par le quotidien turc Hürriyet le 8 octobre dernier.

Kemaliye, situé à seulement 150 kilomètres du centre-ville d’Erzincan, est connu pour la beauté de ses paysages, pour sa faune exceptionnelle ainsi que pour son architecture. Cette ville d’Anatolie centrale de 2 000 habitants compte à elle seule six musées, mais elle propose aussi de nombreuses activités pour les touristes qui affluent en nombre durant l’été : randonnées, découverte du canyon Karanlık, ou encore BASE-jump (saut extrême).

Mais ce qui fait d’elle une candidate de choix pour devenir une « ville lente » est le fait que les habitants aiment cultiver leurs propres légumes dans leurs jardins et optent pour la déconnexion, tandis que la ville a choisi de ne pas installer de feux de circulation, les habitants préférant utiliser leurs jambes plutôt que leurs voitures pour profiter de ces rues paisibles. Le maire de Kemaliye, M. Mustafa Haznedar, a ainsi déclaré au quotidien Hürriyet : « Kemaliye a l’esprit d’une ‘slow city’. Cette ville est paisible […] Kemaliye répond à tous les critères de Cittaslow ».

Lorsque l’on évoque Ahlat, situé à proximité du lac de Van, ce sont les reliques de l’aire seldjoukide que l’on découvre dans son musée, mais aussi dans leur milieu d’origine, qui nous viennent instantanément à l’esprit. La ville de 20 000 habitants nous réserve pourtant bien d’autres surprises avec ses pistes cyclables ainsi qu’avec ses nombreux accès et infrastructures destinées à faciliter la vie des personnes à mobilité réduite.

Par ailleurs, les produits locaux et biologiques sont choyés à Ahlat alors que les habitants n’hésitent pas à décrire leur ville comme un lieu où chacun vit en paix avec son voisin. Le maire de la ville, fier de rappeler la quiétude de sa commune et son très faible taux de criminalité, est d’ailleurs le premier à faire valoir les qualités d’Ahlat pour que celle-ci soit labélisée « slow city ». Au quotidien Hürriyet, Mümtaz Çoban déclare : « Il y a seulement quatre feux de circulation à Ahlat et c’est pour s’assurer de la sécurité des enfants qui vont à l’école dans les environs. Ahlat répond à tous les critères d’une ville lente ».

Et que dire de Köyceğiz, de son lac et de ses tombes lyciennes, si ce n’est que nous voilà encore en présence d’un joyau de la Turquie et d’un refuge bienvenu pour tous ceux qui souhaitent fuir la frénésie des villes et le train-train quotidien pour, enfin, prendre le temps d’admirer et de profiter de la vie.

Camille Saulas

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