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Tunisie : le massacre de trop

Un homme armé. Une fusillade. Un bilan qui s’alourdit à 28 morts en fin de journé. Le 26 juin 2015 sera classé vendredi noir pour la Tunisie. Ce matin, à 10 heures, une attaque terroriste en France fait l’état d’une décapitation et de deux blessés. Au Koweït, un attentat à la bombe provoque 25 morts et plus de 200 blessés. En après-midi, c’est la Tunisie qui se retrouve frappée par une énième attaque terroriste sur son territoire.

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Ce vendredi 26 juin, un homme armé a ouvert le feu dans une station balnéaire de l’est de la Tunisie, à Sousse. Le bilan est de 28 morts, parmi les victimes de nombreux touristes, des Belges, Allemands et Britanniques, selon le ministère tunisien de la Santé.

L’homme a été abattu. Selon les dernières informations officielles, il s’agirait d’un étudiant tunisien inconnu des services de police et originaire de la région de Kairouan, une ville sainte de l’islam, située dans le centre du pays. Arrivé sur les lieux en fin de journée, le président tunisien Béji Caïd el Sebsi a déclaré à l’Agence France-Presse que la Tunisie ne peut pas faire face « seule » aux djihadistes et qu’une « stratégie globale » était nécessaire. Coté français, des cellules de crise ont été ouvertes à l’ambassade de France à Tunis mais aussi au quai d’Orsay pour renseigner les familles de Français en voyage à Sousse.

Cette attaque survient trois mois après l’attentat contre le musée du Bardo, qui avait fait 22 morts – dont 21 touristes étrangers – à Tunis, le 18 mars dernier. Un événement catastrophique pour le pays dont le tourisme est la principale source de revenue. Après cet attentat, le secteur du tourisme avait enregistré des scores très bas, avec un recul de près de 25% en un an.

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Trois attaques terroristes dans la même journée et une seule question au bout des lèvres : l’État islamique a-t-il tout planifié ? Ces attentats sont-ils liés les uns aux autres ? Aucune indication ne laisse encore présager une coordination des attaques mais ces trois assauts sont intervenus quelques jours après un appel lancé par l’État islamique, incitant les djihadistes à mener ce genre d’opération durant le mois sacré du Ramadan. Le 23 juin, Abu Mohammed al-Adnani, le porte parole du groupe islamiste, déclarait dans une allocution radiophonique rendue publique cette semaine : « Musulmans, lancez-vous, précipitez-vous dans le djihad. O moudjahidines du monde entier, pressez-vous pour faire du ramadan un mois de désastre pour les infidèles. »

En frappant de nouveau la Tunisie, le terrorisme a attaqué une de ses plus grandes phobies : la démocratie.

Florie Cotenceau

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