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La Turquie tente de contenir les réfugiés qui rêvent d’Europe

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Le 28 juin 2015, 250 réfugiés Yézidis syriens hébergés dans un camp à Nusaybin ont tenté de rejoindre la frontière bulgare. Leur rêve de liberté s’est cependant brisé lorsque la gendarmerie turque les a arrêtés après une épopée de 25 heures.

Constitué d’hommes, de femmes mais aussi d’enfants et de personnes âgées, ce groupe de Yézidis, une fois interpelé par la gendarmerie, a fait un sit-in de cinq heures en signe de protestation avant d’accepter de remonter dans le bus qui a ramené les protestataires au camp de Nusaybin, une ville du Sud-Est de la Turquie.

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Porte d’entrée vers l’Europe, la Bulgarie a vu le passage de près de 5500 étrangers en 2015, et environ 11000 en 2013. Pourtant, un mur de barbelés qui s’étend sur 30 km sépare la campagne Bulgare de la campagne turque, mais cette protection ne suffit pas à dissuader les milliers de réfugiés venus principalement de Syrie et d’Irak de traverser la frontière de 259 km pour accéder à l’Europe où, pensent-ils, une meilleure vie les attend. Ce passage est d’autant plus emprunté qu’hormis ce mur de barbelés infranchissable, le paysage accidenté facilite les passages clandestins.

Mais l’Europe est-elle prête à accueillir ces réfugiés de guerre ? Pour le moment, des milliers de réfugiés ont trouvé asile en Turquie, dont environ deux millions réfugiés syriens. 22 camps ont été ouverts pour les accueillir selon les dires de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). L’expansion de l’État islamique en Irak – plus particulièrement la prise de Mossoul et de Qaraqsh au cours de l’été 2014 – a elle aussi engendré des flots de réfugiés qui ne se contentent pas tous de rejoindre les camps développés au Kurdistan irakien dans des villes comme Erbil, Aqrah, Zakho ou Alqosh. La Turquie s’apparente donc à un carrefour où les réfugiés en mal de l’Ouest tentent un exode risqué en passant par la Bulgarie ou la Grèce.

L’échappée avortée des réfugiés Yézidis en partance pour la Bulgarie n’est pas la seule tentative de cette espèce. Le 29 juin, 352 réfugiés Syriens dont 115 femmes et 132 enfants qui tentaient de rejoindre l’Italie en traversant la Méditerranée ont été interpelés sur un bateau par les garde-côtes turcs. Ces réfugiés ont été envoyés dans des camps de réfugiés dans les provinces de Hatay et de Mersin du sud de la Turquie.

Malgré les efforts d’accueil et d’adaptation du gouvernement turc face à ces flux grandissants de réfugiés, les infrastructures mises en place sont encore loin d’être suffisantes pour répondre à tous les besoins. Ceux qui ne trouvent pas de place dans les camps de réfugiés vont vivre comme ils le peuvent dans les grandes villes, contribuant malgré eux à l’expansion de la mendicité, du travail sous-terrain et des squats. D’après une enquête du Transatlantic Trend de 2014, 66% des Turcs réclament une restriction des droits des réfugiés, preuve que la cohabitation n’est pas toujours aisée entre les populations.

Anne-Laure Gatin

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