Economie, Société

La Turquie cherche à utiliser les plantes anatoliennes pour développer un « médicament national »

La Turquie désire tirer profit du vaste potentiel de la région anatolienne qui abrite d’innombrables plantes endémiques utilisées depuis des siècles pour soigner différentes maladies, rapporte le quotidien Daily Sabah.

Le pays souhaite développer un « médicament national » de fabrication locale dans le cadre de son initiative « domestique et national », qui touche de nombreux secteurs et produits en vue de limiter sa dépendance aux importations.

Dans ce cadre, un médicament devrait être développé conjointement par le ministère de la Santé et les universités locales.

Le Professeur Nazım Şekeroğlu, qui dirige l’Association de Médecine Méditerranéenne ainsi que l’Association des plantes aromatiques, a déclaré que les universitaires qui étudient les plantes médicinales et aromatiques redoublaient d’efforts après l’appel récent du Président Recep Tayyip Erdoğan concernant le développement d’un « médicament national ».

« Bientôt, avec le soutien du ministère de la Santé, nous pourrons fabriquer notre propre médicament en utilisant nos ressources naturelles », a-t-il déclaré au quotidien Daily Sabah.

Se concentrer sur la production de médicaments fait partie des objectifs de la Turquie pour réduire les coûts d’importation en matière des soins de santé et offrir une meilleure alternative aux médicaments existants.

Les experts travaillent sur la classification des plantes pouvant être utilisées dans le développement de médicaments conçus entièrement à base de plantes.

M. Sekeroğlu a expliqué que l’Anatolie est une région riche qui dispose une grande diversité de plantes endémiques. Selon lui, « la Turquie a le potentiel pour devenir un acteur international de premier rang dans le domaine des médicaments à base de plantes. Elle pourra générer jusqu’à 20 milliards de dollars de bénéfices en seulement quatre ans, avec des produits à base de plantes médicinales et aromatiques. Les plantes médicinales seront de plus en plus à l’honneur à l’avenir, non seulement dans la production de médicaments, mais également dans le secteur des cosmétiques. Avec les mesures appropriées, la Turquie peut détenir une large part du marché des médicaments à base de plantes».

Il a ajouté que la Turquie constitue un exemple en matière de médecine traditionnelle et alternative, mais a reconnu qu’elle était en retard par rapport aux autres pays en ce qui concerne les plantes médicinales.

« L’Allemagne, les États-Unis et le Japon ont pris des mesures importantes dans les années 1950 pour utiliser des plantes médicinales et aromatiques afin de développer des médicaments. Ils sont aujourd’hui les leaders mondiaux sur le marché. Pourtant, la Turquie compte plus de 12 000 espèces de plantes médicinales et la plupart sont endémiques. Nous sommes également riches en matière de connaissances ethnobotaniques et nous sommes compétents dans le domaine de la médecine traditionnelle du fait des différentes cultures qui ont vécues en Anatolie », a-t-il souligné.

Youssra Erraoui

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