Politique

Turquie: Davutoglu sur la sellette ?

Le parti au pouvoir va organiser un congrès extraordinaire qui pourrait coûter sa place au premier ministre. Les tensions entre les deux hommes forts de l’Etat vont probablement atteindre leur épilogue.

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L’avenir du premier ministre Davutoglu semble s’écrire en pointillés, en effet l’AKP va organiser dans les semaines à venir un congrès extraordinaire. La charte de l’AKP prévoit en effet que le chef du gouvernement doit être le chef du parti AKP, il perdrait donc son poste de Premier Ministre s’il n’était pas reconduit à la tête de sa formation.

Rencontre Erdogan-Davutoglu

Davutoglu a été reçu par le président mercredi soir pendant plus d’une heure et demie. Une rencontre au sommet, entre deux hommes qui partagent le pouvoir ensemble depuis plus d’un an et demi. Aucune déclaration officielle n’a été faite après cet entretien.

Davutoglu prend ses distances

Les deux hommes se sont publiquement opposés notamment au sujet du placement en détention des journalistes, mesure à laquelle Davutoglu s’est dit défavorable.Signe de l’inquiétude suscitée par la situation politique en Turquie, la livre turque perdait mercredi soir sa valeur face à l’euro et au dollar.

D’ores et déjà, l’influence de M. Davutoğlu au sein de l’AKP a été restreinte, le 29 avril. Il a perdu le droit de nommer les responsables régionaux. Par ailleurs, Davutoglu,qui publiquement soutenait la réforme pour modifier la Constitution pour instaurer un régime présidentiel, ne semble toutefois pas pressé de le mettre en oeuvre.

Des successeurs nombreux

Les potentiels successeurs sont nombreux, deux noms ressortent régulièrement dans la presse turque: Binali Yildirim, vieux compagnon de route de Recep Tayyip Erdogan et actuel ministre des Transports, et Berat Albayrak, ministre de l’Energie et gendre du chef de l’Etat.

Erdogan dispose de nombreux fidèles au sein de la formation politique qu’il a fondée en 2011, Davutoglu ancien bras droit du président a été à l’initiative de la politique du « zéro problème avec ses voisins », une doctrine maintenant enterrée avec les multiples conflits que le pays connait.

 

Hamdi Arslan

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