Economie, Environnement

L’éolien a la cote

Année après année, la production d’énergie éolienne ne cesse de progresser en Turquie. Une évolution qui se poursuit en 2017, bien que le pays reste largement dépendant des ressources fossiles. Selon les derniers chiffres de l’Association turque de l’énergie éolienne (TUREB), la capacité éolienne installée dans le pays représenterait à ce jour environ 6500 mégawatts, contre 146 mégawatts en 2007. Cette augmentation de près de 4352% sur une période de dix ans est la conséquence d’une politique de développement des énergies renouvelables mise en place par les pouvoirs publics. L’objectif est double pour la Turquie, qui doit à la fois répondre à une consommation énergétique nationale de plus en plus importante, tout en essayant de limiter sa dépendance vis-à-vis de la Russie, l’Iran et l’Irak, ses principaux fournisseurs de gaz et de pétrole.

Le secteur de l’éolien connait ainsi des années fastes depuis son introduction dans le mix énergétique du pays, peu après 2005. Les investissements venus du secteur privé comme du secteur public ont inondé le marché et totalisent, en onze ans, près de 12,3 milliards de dollars, selon TUREB. Ils ont permis à la Turquie de se placer parmi les dix principaux producteurs européens. Une position favorable qui participe au dynamisme économique du pays, le secteur de l’éolien représentant près de 53 000 emplois en 2015.

Les principaux espaces de productions se situent au sein de zones administratives relativement rapprochées, à l’ouest du pays, là où les conditions de vents sont particulièrement favorables. La province d’Izmir arrive en tête avec près de 1300 mégawatts de capacité éolienne installée, suivie par la province de Balıkesir et celle de Manisa.

Allant de pair avec une croissance économique en nette progression, la Turquie doit faire face à une demande intérieure d’énergie toujours plus conséquente depuis le début du siècle. Avec plus de 79 millions d’habitants, le pays représente un marché très important, que l’importation et la production nationale d’énergies renouvelables ne suffisent à alimenter, puisqu’elles représentent seulement 13% de l’approvisionnement total en énergie primaire en 2016.

Face aux faibles ressources pétrolières et gazières présentes sur son sol, la Turquie reste largement dépendante de ses voisins en matière d’énergie. Les infrastructures d’importation de gaz naturel du pays, dont 60% proviennent de Russie, ont par exemple pratiquement atteint leurs capacités maximales. Aussi, Ankara reste vulnérable vis-à-vis de sa position d’importateur, qui peut s’avérer dangereuse en cas de brouilles diplomatiques avec les principaux pays fournisseurs.

La stratégie des pouvoirs publics qui vise à accroître l’indépendance énergétique du pays en investissant dans les énergies renouvelables parait donc efficace, notamment au regard des chiffres révélateurs de l’éolien. Elle contribue aussi à la mise en place d’un développement durable à tout prix essentiel, mais qui parait cependant compromis par les autres objectifs du gouvernement qui prévoit, d’ici à 2023, la construction de quatre-vingts nouvelles centrales thermiques à charbon.

Jean-Baptiste Connolly

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