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Turquie : Les voisins en état d’« alerte » face aux violences conjugales

À l’heure où l’attention mondiale est tournée vers la pandémie du Covid-19 et vers ses retombées économiques et sociales, triste est de constater que les violences conjugales contre les femmes augmentent dans plusieurs pays. Mais, même en période de crise, les témoins sont appelés à la vigilance et à la solidarité.

Une hausse considérable à tous les niveaux

Selon la directrice de la Fédération des Associations des femmes turques, Canan Güllü, les cas de violences conjugales durant le confinement ont fait un bond de près de 80 %, « tandis que les cas d’abus psychologiques ont augmenté de 93 % », a-t-elle déclaré au journal Miliyet. La Fédération rapporte également une hausse de plus de 78 % des demandes d’abris.

Cependant, le nombre d’appels et de plaintes a considérablement diminué, avec une baisse de 96 %. Incapables de briser le silence, d’accéder à un téléphone ou trop effrayées des représailles du conjoint, il y a de moins en moins de femmes qui dénoncent les abus dont elles sont victimes.

Le confinement, qui rime avec enfermement, aggrave les tensions et devient même un instrument supplémentaire pour les auteurs de violences. 

Malheureusement, cette situation ne touche pas seulement les femmes, mais également les enfants : en temps normal, Canan Güllü affirme recevoir des informations de la part des médecins de famille ou des enseignants, mais comme toutes les écoles sont fermées, ils ne peuvent pas tendre la main aux élèves pour le moment.

Le civisme et la solidarité des voisins à la rescousse !

Selon les experts d’intervention, ce sont désormais des personnes extérieures au cercle familial directement touché par les violences qui appellent et qui donnent l’alerte. « Des parents, amis et voisins nous appellent. Nous assignons un avocat pour suivre le cas signalé et obtenir des ordonnances de protection de la part des autorités », a déclaré Şükran Eroğlu, membre du centre des Droits des Femmes du Barreau d’Istanbul. « Étant donné que tous les hôpitaux sont submergés par lépidémie, nous ne pouvons pas facilement obtenir un rapport médical confirmant quune personne est battue dans des violences domestiques », a-t-elle ajouté.

« Il y a beaucoup plus de personnes qui appellent nos lignes directes », a déclaré Gulsum Kav, directrice de We Will Stop Femicide Platform. Selon l’association, 29 féminicides ont été signalés en Turquie pendant le confinement contre 440 en 2018.

Abou el amaim Nada

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