Economie, International

La Turquie réagit à l’annonce des mesures protectionnistes américaines

Jeudi 1er mars, le président américain Donald Trump annonçait la mise en place de nouvelles mesures protectionnistes avec une hausse des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. Une décision qui fait craindre le déclenchement d’un conflit commercial et qui n’a pas laissé indifférents ses partenaires. Après la réaction européenne, c’est désormais Ankara qui a annoncé que la Turquie envisageait d’augmenter ses tarifs sur les importations de coton en provenance des États-Unis.

Une imposition des droits de douane de 25% sur l’acier importé et de 10% sur l’aluminium dès la semaine prochaine pour défendre l’industrie sidérurgique américaine « décimée par des décennies de commerce inéquitable », voilà ce qu’a annoncé le président américain le 1er mars. Même au sein des républicains, la mesure ne fait pas l’unanimité, tandis que la bourse en a déjà payé les frais et que la nouvelle n’a pas tardé à susciter la colère outre-Atlantique.

Colère au sein de l’Union européenne

L’Union européenne (UE), ulcérée, a fait savoir par la voix du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, que l’UE ne resterait « pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes ». Le 2 mars, ce dernier n’a pas hésité à ajouter : « nous serons aussi stupides (qu’eux) », avant de menacer de « mettre en place des contre-mesures concernant les droits d’importation de produits américains, notamment Harley-Davidson, le bourbon et les jeans Levi’s ». Une contre offensive potentielle qui a déclenché la colère du « mauvais jouer » Donald Trump.

Si du côté du Canada, premier partenaire commercial des États-Unis, c’est l’inquiétude et l’abasourdissement qui dominent, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ainsi que la Russie et la Chine ont tous exprimé leur inquiétude.

La hausse des tarifs douaniers devrait d’abord impacter le Canada (16% des importations d’acier), le Brésil (13%), ou encore la Corée du Sud (12%), le Mexique et la Russie (9%). Mais la Turquie, en tant que sixième exportateur d’acier vers les États-Unis – 5,6% des importations totales américaines proviennent de Turquie – avec des exportations d’acier s’élevant à 1,1 milliard de dollars en 2017, se verra elle aussi forcément affectée par la décision de Washington.

La Turquie menace le coton

Ainsi la réaction d’Ankara ne s’est pas fait attendre plus longtemps. Le 6 mars, le conseiller économique en chef du président turc Recep Tayyip Erdoğan, Cemil Ertem, a annoncé que la Turquie envisageait sérieusement d’imposer des droits de douane sur les importations de coton en provenance des États-Unis.

Le 20 février, le ministre de l’Économie Nihat Zeybekci, anticipant la décision américaine, avait déjà déclaré qu’une augmentation des tarifs douaniers allait frapper « les importateurs, les producteurs et les exportateurs turcs. S’ils se plaignent des mesures américaines, nous évaluerons la situation et serons plus enclins à prendre des mesures de rétorsion ».

Ainsi, dans un article publié dans le quotidien Milliyet, Cemil Ertem a souligné que « les pays, en particulier la Turquie, qui seront touchés par la décision américaine d’augmenter les taxes se préparent maintenant à riposter par des produits alternatifs. Pour la Turquie, cela signifie du coton ».

La Turquie a importé des produits en coton d’une valeur d’environ 738 millions de dollars en 2017, selon les données du commerce extérieur de l’Institut turc de statistiques (TÜİK).

Camille Saulas

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