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Ukraine et migrations : rencontre européenne au sommet

Une réunion au sommet a eu lieu ce matin à Berlin, réunissant les dirigeants français et allemand autours de deux questions brûlantes : la montée inquiétante des violences qui s’accentuent en Ukraine, et la crise de la migration qui entraîne nombre de citoyens syriens et irakiens vers les routes de l’Europe. Une réunion à deux voix qui se conclura par une rencontre avec le président ukrainien Petro Porochenko, alors que Vladimir Poutine a été écarté des discussions suite à l’échec des accords de Minsk II.

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La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande tiennent une réunion au sommet, ce 24 août 2015 à Berlin, pour donner une nouvelle direction aux efforts européens pour endiguer la plus grande crise de migration du siècle. La réunion doit également permettre d’évoquer la montée des violences en Ukraine, et les deux protagonistes rejoindront le président Petro Porochenko plus tard dans la journée, avant de conclure par une conférence de presse et un dîner d’affaires. Malgré l’échec des accords de Minsk II en février dernier et l’escalade de violence qui sévit ces derniers jours entre l’Ukraine et la Russie, Mme Merkel et M. Hollande ne désespèrent pas de trouver enfin un terrain d’entente qui mette fin au conflit insoutenable depuis seize mois dans l’est de l’Union européenne.

L’accord de Minsk II, qui concluait 17 heures de discussions âpres entre Poutine et Porochenko dans la capitale biélorusse laissait espérer une amélioration certaine, établissant un terrain d’entente pour venir rapidement à bout des conflits. Il a été depuis rompu à maintes reprises. Le bilan des victimes de cette guerre approche maintenant les 6900 morts.

Lundi dernier, les séparatistes ont fait état de la mort de 10 personnes, dont huit civils, et témoignent de violents bombardements. Ce 24 août permettra peut-être de trouver un nouvel angle d’action, mais cette fois-ci, le dirigeant russe n’a pas été convié : une source ukrainienne explique que l’exclusion de Poutine souligne le fait que « la France et l’Allemagne sont dans le même bateau [qu’eux] », mais une source française a immédiatement démenti l’interprétation d’une « quelconque guerre diplomatique contre la Russie ».

En regard du conflit ukrainien, la crise des migrants est devenue depuis la préoccupation majeure dans la région, avec un flux constant et inendiguable de réfugiés fuyant la guerre et l’Etat Islamique, la répression et la pauvreté : une vague de migration qui a dépassé les chiffres de l’exode européenne de la Seconde Guerre mondiale. On recense officiellement un record de 107 500 migrants à travers l’Europe le mois dernier, et de nombreux appels se font entendre pour adopter une approche plus unifiée dans la façon de réguler ce flux.

« La situation ne se résoudra pas toute seule », explique une source française gouvernementale, ajoutant que les « décisions prises par l’Union européenne ne sont pas suffisantes, pas assez rapides et pas à la hauteur de la tâche ». A Rome, des officiels expliquent que les gardes côtes ont secourus 4 400 migrants de 22 bateaux le 22 août dernier, jour le plus marquant depuis des années. Des milliers de migrants traversaient dimanche la Macédoine et la Serbie pour rejoindre l’Europe occidentale.

La priorité des Etats européens inclue la production d’une liste de pays qui ne recevront pas les demandeurs d’asile, à moins de circonstances personnelles exceptionnelles. L’Europe semble jusqu’ici avoir échoué dans ses efforts pour établir une liste commune de ces pays. Les dirigeants français et allemands doivent également établir des centres de réception débordés de Grèce et d’Italie, deux pays qui accusent le coup majeur de la crise, pour aider à distinguer les demandeurs d’asile des migrants illégaux. « Tant que ces centres d’accueil ne sous pas mis en place et qu’une solidarité interne n’est pas créée au sein de l’Union européenne, le problème des migrants ne sera pas réglé », explique la source italienne.

Le premier ministre italien Paolo Gentiloni a averti que cette crise profonde constituait une menace pour « l’âme » de l’Europe. « Pour l’immigration, l’Europe est en danger et risque de montrer le pire d’elle-même : égoïsme, décisions prises à la va-vite et discordes entre les membres des Etats », explique Gentiloni au journal italien Il Messaggero. Le vice chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a dit pendant ce temps que l’augmentation des demandes d’asile, qui a quadruplé, pour atteindre le sommet de 800 000 cette année, constituait le « plus grand challenge national depuis la réunification » de 1990. L’Allemagne doit faire face à de nombreuses réactions de violence, et contrer un problème qui devient interne à la nation.

En attente, donc, des conclusions de cette réunion au sommet, l’Union européenne tente au jour le jour de composer avec une situation internationale instable et troublante.

Elisabeth Raynal

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