International, Politique

Un « Ciel ouvert », mais gris

Le 21 mai, Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis du traité « Open Skies » (Ciel ouvert), accusant la Russie de le violer. C’est le troisième retrait des États-Unis d’une organisation internationale depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Dans un communiqué, la Turquie a rappelé son attachement au traité Ciel ouvert et a exhorté ses partenaires à poursuivre la mise en œuvre de celui-ci.

Une idée initialement américaine

Imaginé dans les années 1950 par Eisenhower, signé en 1980 par Bush, et entré en vigueur en 2002, cet accord international permet aux 35 pays parties au traité de survoler librement leurs territoires respectifs de façon non armée afin de détecter d’éventuels mouvements ou opérations militaires.

Ce concept « d’observation aérienne mutuelle » vise entre autres à établir une certaine confiance et une sécurité à travers la zone euro-atlantique.

La tornade blonde en colère !

C’est depuis les jardins de la Maison-Blanche que le président américain a déclaré à la presse : « La Russie na pas respecté le traité. Donc tant quils ne le respecteront pas, nous nous retirerons ».

Ces dernières années, Moscou a multiplié les détournements des règles du traité, et a récemment empêché les plans de vol au-dessus de l’enclave russe de Kaliningrad à moins de 500 km ainsi que le dépassement de plus de dix kilomètres à la frontière russo-géorgienne.

Dix pays parties au traité regrettent la décision américaine…

Le traité Ciel ouvert est avant tout un accord de coopération militaire internationale basé sur la confiance. Se retirer de celui-ci pourrait non seulement raviver les tensions avec Moscou, mais également mettre à mal la sécurité européenne.

Ce retrait en a irrité plus d’un, comme on peut le lire dans un communiqué signé le 22 mai par dix pays de l’Union européenne : « Nous regrettons l’annonce du gouvernement des États-Unis de son intention de se retirer du traité Ciel ouvert, bien que nous partagions ses préoccupations relatives à la mise en œuvre des dispositions du traité par la Fédération de Russie ». Ces États parties ont néanmoins affirmé leur engagement à assurer la continuité de la mise en œuvre du traité.

… tous en faveur d’un « Ciel ouvert »

La Turquie, également partie au traité, a exhorté les États concernés à poursuivre la mise en œuvre du traité en soulignant sa contribution à la stabilité mondiale, politique et militaire.

« C’est lun des principaux piliers de larchitecture de sécurité conventionnelle euro-atlantique », a déclaré le 23 mai le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, dans un communiqué.

Ce dernier a ajouté : « Nous attachons de l’importance à la mise en œuvre du traité dans son intégralité et conformément à son objectif par tous les États parties. Nous souhaitons que la poursuite du traité serve la stabilité et la sécurité ».

Dernière chance !

Même si le retrait américain ne sera effectif que dans six mois, la porte aux négociations reste tout de même ouverte. C’est en tout cas ce qu’a fait savoir le président américain depuis les jardins de la Maison-Blanche : « Il y a une très bonne chance que nous allons passer un nouvel accord ou faire quelque chose afin de rétablir cet accord ».

Abou el amaim Nada

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