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Un premier vaccin contre le virus Vika testé au Québec

Une étape historique dans la lutte contre le virus Zika va bientôt être franchie. Pour la première fois, un vaccin sera testé sur des êtres humains au centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval au Québec ainsi que dans deux autres centres américains.

24253989800_7d73da6586Alors que jusqu’ici, les seuls traitements contre le virus avaient été testés sur des souris, trois centres de recherches en infectiologie nord-américains ont annoncé mardi 19 juillet qu’un vaccin sera administré prochainement à des êtres humains.

Zika, c’est quoi ?

Ce virus a été identifié pour la première fois en 1947 dans un marécage de la forêt de Zika en Ouganda, d’où son nom. La première fois qu’il a été décelé chez un être humain remonte à 1950. Longtemps considéré comme bénin, il a fallu attendre 2013 pour que nous entendions parler de cette maladie après qu’une épidémie sérieuse se soit déclarée en Polynésie française et que celui-ci se soit propagé de façon inquiétante en Amérique du sud.

Si 80% des individus qui contractent le virus ont la chance de n’avoir aucun symptôme, certains n’ont pas cette aubaine. Zika est responsable de malformations congénitales telle la microcéphalie du fœtus, soit un développement insuffisant du cerveau des nouveau-nés. Ce micro-organisme est donc particulièrement dangereux pour les femmes enceintes dans la mesure où il peut aussi causer des fausses-couches. Le virus pourrait en plus provoquer le syndrome neurologique de Guillain-Barré (SGB) ; une maladie neurologique provoquant paralysies, diminutions des réflexes ainsi que troubles sensitifs plus ou moins graves.

Ce virus se transmet principalement par deux espèces de moustiques, mais aussi par voie sexuelle. Selon l’OMS, l’Amérique pourrait voir une « propagation explosive » du virus avec 3 à 4 millions d’individus infectés tous les ans. Ainsi, face à la propagation du virus, ce sont des dizaines de groupes pharmaceutiques qui travaillent sur un vaccin.

Aujourd’hui, ce sont les centres de recherche d’Amérique du nord qui semblent avoir fait le plus de progrès dans la recherche d’un vaccin. Le Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval (Québec, Canada) en collaboration avec l’Université de Pennsylvanie, l’Institut Wistar (Philadelphie, États-Unis) et avec deux laboratoires privés, Inovio et Gene One, ont mis sur pied une équipe internationale qui devrait mener dans les jours prochains une importante étude clinique afin de tester un vaccin sur des êtres humains.

Premiers essais cliniques sur des humains

Le Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval travaille depuis huit mois sur un vaccin élaboré par l’Université de Pennsylvanie.

Comme l’explique le Dr Gary Kobinger, directeur du centre de recherche québécois, mais surtout une sommité dans le domaine de la recherche sur les vaccins, le vaccin a été conçu « physiquement » à Philadelphie, avec la collaboration de l’université québécoise, pour que celui-ci envoie au système immunitaire une image du virus afin qu’il soit reconnu au préalable par notre système de protection et qu’il puisse ainsi se défendre contre Zika. Selon les propres mots du Dr Kobinger, cela consiste à envoyer une «  réponse anticorps et cellulaire contre le vaccin ».

S’il existe plusieurs vaccins à l’étude contre Zika, le vaccin développé à Philadelphie a été choisi par le centre québécois, dans la mesure où il a déjà été utilisé dans d’autres études cliniques et a prouvé son aspect « sécuritaire ». De plus, il se montre efficace contre d’autres agents infectieux notamment le « virus du Nil » qui ressemble à Zika.

D’ailleurs, la Dre Sylvie Trottier, responsable de la recherche clinique, a souligné que « ce vaccin a passé toutes les étapes cliniques de sécurité et d’efficacité », avant d’ajouter qu’il « sera administré pour une première fois à des humains ».

L’équipe a déjà trouvé des bénévoles, mais recherche encore aujourd’hui des volontaires de 13 à 65 ans, en bonne santé, pour se soumettre à l’étude clinique et s’assurer définitivement que le vaccin n’engendre pas d’effets indésirables. Pour rassurer les moins téméraires, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, la Food and Drug Administration (FDA), ainsi que Santé Canada donné leur autorisation ces dernières semaines.

Au total, une quarantaine de personnes dans toute l’Amérique du nord devraient recevoir ce potentiel vaccin contre le virus. Afin de s’assurer que tout se passe bien, après avoir reçu trois doses du vaccin à intervalles de 4 et 12 semaines, ils seront observés pendant plus d’un an.

Le travail sera long

Si une nouvelle étape historique est donc sur le point d’être franchie, le travail sera encore long. Il ne faudra en effet n’avoir aucun doute sur les effets du vaccin et s’assurer que celui-ci soit sans risque avant de pouvoir l’administrer à des individus qui pourraient être infectés par le virus.

Le vaccin devra donc réussir avec brio plusieurs étapes avant d’être commercialisé. Selon le Dr Kobinger : « L’espoir, c’est qu’au début de 2017 on va avoir toute l’information pour un essai de phase 2. Et avant la commercialisation, il faudra aussi faire un essai de phase 3 et après il faut l’homologuer. »

Quel que soit le résultat de l’étude clinique et le temps que prendra la recherche pour trouver un vaccin efficace contre Zika , le travail de ces chercheurs se doit d’être salué.

Camille Saulas. 

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