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Un projet de loi honteux en Australie

Le gouvernement australien après avoir annoncé « une opération majeure de contrôle des troupeaux de dromadaires sauvages » a tué plus de dix mille d’entre eux par l’intermédiaire de snipers embarqués dans des hélicoptères qui ont tiré sur des animaux en liberté, des êtres vivants qui essayaient simplement de connaitre la vie sauvage. Le gouvernement d’Australie s’est ainsi permis de les faire abattre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre !

Ces dromadaires ont en effet été importés dans les années de 1840-1907 d’Inde, de Chine, de Mongolie et d’Arabie afin de porter des matériaux pour la construction des chemins de fer et la mise en place des poteaux de télégrammes. Après avoir utilisé ces animaux, ces dromadaires ont été remis en liberté. Les dirigeants de l’époque ont déjà commis une grande erreur en important des dromadaires dans un écosystème où ils n’avaient pas leur place. Au départ, ils n’étaient que vingt milles. Mais, au fil du temps, ils se sont mélangés avec différentes races et, par mutation génétique, une nouvelle espèce est née : le dromadaire australien.

La mise à mort de ces animaux sauvages a été officiellement présentée comme un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans ce pays, en vertu d’un projet de loi soumis au vote du parlement en janvier 2020. Ainsi, le gouvernement fédéral compte faire de nouvelles demandes de création d’un marché de crédits de carbone pour l’abattage afin de fournir un incitatif économique pour éliminer ces émetteurs de méthane !

Ça devient très à la mode de faire n’importe quoi au nom – soi-disant — de l’environnement et de l’écologie. Pour l’illustrer, il suffit d’évoquer le politicien – comique — Mark Dreyfus qui a déclaré sans honte qu’il espère que chaque dromadaire tué contribuera à diminuer les émissions de GES et mènera à leur extinction en Australie. Par ailleurs, des dirigeants aborigènes ont osé dire que cette décision a été prise « en raison de la menace que constituent pour les populations ces animaux qui, du fait de la sécheresse, s’approchent de plus en plus de certaines localités pour y trouver de l’eau ».

Il faut rappeler que ce type de tueries de masse n’est pas une première en Australie. L’année dernière, à la même époque, la chaîne d’information australienne ABC[1] rapportait que 2 500 dromadaires avaient été abattus « en affirmant que ces parasites sauvages prennent des proportions de peste ».

Comme nous pouvons le constater, l’utilisation de l’argument écologique est également ancienne. Déjà en septembre 2014 des journaux titraient : « L’Australie veut tuer les dromadaires pour sauver le climat »[2]. En 2011, le site d’information Slate.fr[3] évoquait le fait que le gouvernement australien avait proposé que « l’abattage des chameaux soit considéré comme une méthode officielle de lutte contre l’émission de gaz à effet de serre », en raison du méthane généré par ces animaux. Cette raison est encore invoquée par l’APY[4] aujourd’hui.

Nous ne pouvons qu’exhorter le gouvernement australien à trouver d’autres solutions. Les incendies qui ont ravagé le pays ces dernières semaines ont déjà suscité beaucoup trop de souffrances et de destructions. Outre les tragiques pertes humaines, la flore a été anéantie quand des milliers d’animaux, piégés par les flammes, ont péri. Il parait inhumain d’ajouter un nouvel acte brutal à cette douleur.

Chaque intervention humaine radicale dans la nature provoque davantage de souffrances. Certes, les recherches selon lesquelles l’hiver disparaîtra complètement sur le continent australien dans 50 ans en raison du réchauffement climatique sont extrêmement préoccupantes, mais les animaux ne sont pas responsables. La faute revient avant tout à l’Homme.

Dr. Hüseyin Latif, Directeur de publication


[1] https://www.abc.net.au/news/rural/2019-01-24/feral-camels-cause-chaos-as-pastoralists-shoot-thousands/10737400 (22 janvier 2020).

[2] https://www.20minutes.fr/planete/741603-20110615-australie-veut-tuer-dromadaires-sauver-climat (22 janvier 2020).

[3] http://www.slate.fr/lien/39341/australie-tuer-chameaux-reduire-pollution (22 janvier 2020).

[4] Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara.

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