Société

Un survivant de Soma retrouvé mort électrocuté à Izmir

Destin tragique pour Rahmi Sözüer. Ce survivant de l’accident tragique de Soma est mort électrocuté le 1er août dernier dans la région d’Izmir.

SOMA

C’est un fait divers horrible : Rahmi Sözüer, un des survivants de l’incendie catastrophique qui avait coûté la vie de 301 mineurs est décédé d’une des façons les plus tragiques. Devenu travailleur contractuel pour la municipalité de Bayraklı (dans la province d’Izmir), il conduisait un camion contenant des matériaux de chantier. L’homme est mort électrocuté après que son fourgon est entré en contact avec un câble électrique.

Cet homme avait survécu à une des catastrophes les plus tragiques des dernières années. En effet, le 13 mai 2014, une explosion puis un incendie avait éclaté dans la mine de Soma, tuant 301 des 787 mineurs présents à ce moment là, et en blessant des centaines d’autres. La tragédie avait choqué l’ensemble du pays, et de nombreuses manifestations avaient éclaté dans les différentes villes du pays, reprochant au pouvoir de ne pas avoir fait respecter les normes de sécurité sur les sites miniers. « Les accidents sont dans la nature même des mines », avaient réagi les autorités sur un ton jugé profondément méprisant envers les victimes.

Dans le même registre, Recep Tayyip Erdoğan, alors Premier ministre, avait eu le bon goût de défendre le bilan de son gouvernement en matière d’incidents miniers en citant des exemples historiques ayant touché le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, le Japon, ou encore la Chine. Problème : ces cas remontaient tous à la première moitié du XXsiècle voire du XIXsiècle (1836 et 1894 pour le Royaume-Uni). Inutile de préciser que les critères de sécurité n’étaient pas tout à fait les mêmes à l’époque.

Tragédie sur tragédie donc pour Rahmi Sözüer qui, après être passé très proche de la mort, a finalement été rattrapé par cette dernière. Il avait pourtant choisi de s’éloigner du rude monde des mines après la catastrophe qui l’avait touché. Il a été enterré à Soma, sa ville natale, après un examen de son corps par l’institut médico-légal d’Izmir.

Ce fait divers tragique entre en résonance avec les cas des 646 autres travailleurs morts en Turquie au cours des cinq premiers mois de 2015, selon un rapport rendu le 2 Juin par l’İSGM (organisation à but non lucratif qui traite des questions de santé et de sécurité des travailleurs).

Adrien Cluzet

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