International

Une délégation syrienne à Moscou sur fond de collaboration renforcée

Hier, lundi 29 juin, une délégation spéciale du régime syrien s’est rendue à Moscou pour y rencontrer le président russe. Menée par le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, cette délégation a pu s’assurer du soutien indéfectible de Vladimir Poutine au régime de Damas. Une possible intervention militaire de la Fédération russe en Syrie a même été évoquée à cette occasion.

moscou

Walid Mouallem, chef de la délégation syrienne en Russie.

La Russie n’a jamais caché son soutien au président Bachar el-Assad, ce dès le début du conflit syrien en 2011. Les vétos répétés du Grand Ours au Conseil de Sécurité de l’ONU, chaque fois que l’Occident tentait de condamner le régime de Damas, témoignent depuis plusieurs années du statut privilégié qui lie ces deux pays sur le plan diplomatique. À l’issue d’une conférence de presse lundi dernier à Moscou, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem s’est ainsi exprimé aux côtés de son homologue russe Sergueï Lavrov concernant une collaboration plus poussée des régimes de Damas et de Moscou dans le cadre du conflit syrien.

Une possible aide militaire russe

Les deux régimes n’ont jamais cessé de s’entretenir en marge des négociations officielles organisées par la communauté internationale, Moscou organisant même des séances de négociations entre les acteurs du conflits syriens jugés légitimes par le Kremlin, excluant l’opposition en exil soutenue par les Occidentaux. Ces négociations d’un autre type témoignent de la stratégie russe, désireuse de représenter un soutien diplomatique alternatif à celui de la communauté internationale.

Une stratégie qui s’est réaffirmée ce lundi, Walid Mouallem déclarant que le soutien russe à venir serait dorénavant plus que diplomatique car également « politique, financier et militaire ».

« Nous sommes convaincus qu’au final le peuple syrien sera victorieux. Et notre politique, qui vise à soutenir la Syrie, les dirigeants syriens et le peuple syrien, reste inchangée », a affirmé le président russe Vladimir Poutine.

moscou_2Vers une coalition alternative contre l’EI ?

La possibilité d’une nouvelle coalition internationale a également été abordée par la Russie. Cette coalition aurait pour cible non seulement l’Etat Islamique, jugé comme une priorité, mais aussi le « terrorisme » dans son ensemble qui laisse une porte ouverte aux acteurs du conflit qui se mettent en travers du chemin emprunté par Damas et Moscou : l’Armée syrienne libre (ou du moins de qu’il en reste), voire les forces kurdes du nord de la Syrie.

En proposant cette alternative à la coalition internationale menée par les États-Unis et l’Arabie Saoudite, la Russie promet ainsi de bouleverser les relations d’influence telles qu’on les connaît aujourd’hui au Moyen-Orient. De nouvelles alliances pourraient ainsi voir le jour avec la Russie comme interlocuteur.

« Tous nos contacts avec les pays de cette région montrent que lorsqu’il s’agit de combattre le soi-disant Etat islamique, chacun est prêt à combattre ce mal. Cela s’applique à la Turquie, à la Jordanie, à l’Arabie saoudite », a ainsi déclaré Vladimir Poutine, ajoutant : « Si les dirigeants syriens considèrent (l’idée d’une coalition) acceptable et possible, nous ferons tout notre possible pour vous soutenir. Et nous utiliserons nos relations, qui sont bonnes avec tous les pays de la région, pour tenter de créer à tout prix une telle coalition ».

La Russie avait déjà tenté un rapprochement avec le gouvernement turc dans le cadre d’une gestion commune du conflit syrien, lors de la visite du vice-ministre des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov à Ankara la semaine dernière. Néanmoins le ministère turc des Affaires étrangères ne s’est pas encore déclaré prêt à mener une action conjointe avec la Russie sur ce dossier.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *