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Une nouvelle histoire pour le mont Ararat

Point culminant de la Turquie et couvert de neiges éternelles, le mont Ararat a fait l’objet d’une nouvelle découverte. Il y a des millions d’années, le mont Ararat, situé sur le haut-plateau arménien dans les provinces d’Ağrı et d’Iğdır, se trouvait au bord de la mer. 

Une montagne mythique 

Des mythes exacerbent la beauté naturelle du mont Ararat, né à la suite d’une activité volcanique intense il y a environ 1,5 million d’années. En effet, le mont Ararat est associé à l’arche de Noé. C’est sur le site de Durupınar, à environ 29 kilomètres au sud du sommet du mont Ararat, que l’arche de Noé se serait retrouvée après le Déluge décrit dans le Livre de la Genèse. 

Selon les chrétiens, Dieu ordonna à Noé, le dernier homme vertueux sur terre, de construire un vaisseau pour protéger sa famille ainsi que des couples de chaque espèce animale du grand Déluge. Pendant 40 jours et 40 nuits, des trombes d’eau s’abattirent sur la Terre, détruisant toute vie corrompue. Après 150 jours supplémentaires, le vaisseau, porté par les flots, s’échoue au sommet d’une montagne, nommée dans la Bible « Mont Ararat. »

Pour les Arméniens, le mont Ararat, appelé Masik ou Masis, est la demeure d’Ara. Descendant de Haïk, le père fondateur de l’Arménie, il appartenait à un culte qui précédait la chrétienté. 

Si ces mythes et légendes exacerbant la beauté du mont Ararat, la région fait également l’objet de fascination de nombreux touristes. Le palais Ishak Pacha, un château datant du XVIIe siècle à quelques kilomètres du mont Ararat, est un lieu qui témoigne des influences arménienne, perse, géorgienne, seldjoukides et ottomane dans la région.

 Une histoire à repenser

Constitué de deux sommets — le Grand Ararat (5,137 m) et le Petit Ararat (3,896 m) —, c’est dans les roches du mont Ararat que des archéologues ont découvert des fossiles, et particulièrement des fossiles de feuilles de palmier, indiquant que la montagne se trouvait au bord de la mer il y a des millions d’années.  

Selon Levent Gültekin, un scientifique de l’Université Atatürk d’Erzurum, « à l’époque miocène, c’est-à-dire il y a environ 23 à 55 millions d’années, cette région se trouvait au bord de la mer. » Il a ajouté que la présence de fossiles de feuilles de palmier, un type d’arbre qui se trouve seulement dans les zones maritimes, prouve cette théorie. Deux universitaires de l’Université d’Iğdır, Celalettin Gözüaçık et Belkıs Muca Yiğit, abondent d’ailleurs également en ce sens.

Natasha Voase 

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