International, Politique

Une réunion diplomatique à Vienne pour tenter de « sortir de l’Enfer » syrien

 

Hier, Feridun Hadi Sinirlioglu s’est rendu en Autriche, à Vienne. Il assistait à une réunion regroupant les ministres des affaires étrangères russe, américain et saoudien, pour tenter de résoudre le conflit syrien.

reunion_syrie

Les ministres de Affaires étrangères russe, américain, saoudien et turc, à Vienne, le 29 octobre 2015 (AFP/BRENDAN SMIALOWSKI)

Jeudi en Autriche, les pourparlers internationaux ont commencé par une entrevue entre le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Javad Zarif. La présence de l’Iran à la table des négociations est d’une particulière importance pour J.Kerry, alors que les Etats Unis et l’Arabie Saoudite sont à l’origine clairement contre la présence de ce pays. : « Il est désormais temps d’accorder à l’Iran une place à la table ».  C’est la première fois que l’Iran chiite, est représenté dans une réunion internationale concernant le sort de la Syrie. Téhéran, allié de Bachar el-Assad, avait été tenu à l’écart de Genève 1 et Genève 2, en 2012 et 2014.

Cette réunion constitue selon John Kerry : « rien de moins qu’une course pour sortir de l’Enfer ». C’est l’occasion de trouver une ouverture politique capable de résoudre le conflit syrien responsable de la mort de plus de 250 000 personnes depuis 2011.

Aujourd’hui, la délégation française se rendra à Vienne pour prendre part aux négociations. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères français estime que plusieurs sessions seraient nécessaires avant d’aboutir à un accord commun : « Il peut y avoir un accord sur la méthode, mais sur le fond, malheureusement, c’est encore prématuré ». Hier soir, Ban Ki Moon espérait que tout le monde se montre « flexible » dans les négociations.

Cette flexibilité espérée semble impossible tant les divergences entre les délégations sont importantes.  Certes les Etats Unis et l’Arabie Saoudite ont fait un pas en avant en invitant l’Iran, mais le sort de Bachar-Al-Assad est tout tracé selon les saoudiens. L’Arabie Saoudite veut le départ du Président syrien : « Il partira soit à l’issue d’un processus politique soit parce qu’il sera renversé par la force » déclarait Adel al-Jubeir, ministre des affaires étrangères saoudien.

Moscou, fidèle allié du régime de Bachar-Al-Assad, estime que laisser le régime s’effondrer revient à mettre en péril l’existence même du pays. C’est pour cette raison que l’armée russe intervient militairement en Syrie.

L’opposition syrienne en exil, se dit elle-même sceptique sur la possibilité d’arriver à un accord concret à Vienne : « Le fait que cette réunion ait lieu, avec toutes les parties prenantes dans le dossier syrien, c’est une bonne chose. Mais je ne suis pas optimiste sur la possibilité d’une solution au conflit syrien, à l’issue de cette réunion. Les positions des deux camps sont trop éloignées », estime Walid al-Bounni, membre de l’opposition syrienne.

 

Kheira Djouhri

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *