Politique

Une rixe au parlement turc fait cinq blessés

Dans la nuit de mardi à mercredi, des échauffourées ont éclatées au parlement à Ankara. Bilan : cinq députés de l’opposition blessés dont quatre hospitalisés. Les esprits se sont échauffés autour de l’examen d’un projet de loi visant à renforcer considérablement les pouvoirs de la police.

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La loi Macron, et son passage hier au  « 49-3 », n’aura pas été la seule à faire parler d’elle ces dernières heures. En effet, au parlement turc la nuit dernière, le passage en force s’est voulu littéral et c’est carrément au pugilat qu’ont tourné les disputes autour du dernier projet de loi controversé du gouvernement. Une complète aberration.

Entre le marteau et l’enclume

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Le député HDP Ertuğrul Kürkçü

De manière aussi lamentable qu’insolite, le marteau du président de l’Assemblée, d’habitude employé pour l’ouverture et la clôture des séances et subtilisé dans la tumulte par des députés du parti au pouvoir AKP, aura lui-même servi à frapper à la tête deux parlementaires.

Parmi les blessés figurent trois députés CHP (Parti républicain du peuple), Musa Çam, Aykut Erdoğdu, et Mahmut Tanal ; ainsi que deux députés HDP (Parti démocratique du peuple), Sebahat Tuncel et Ertuğrul Kürkçü.

À l’origine de ces incidents, un projet de loi dont l’opposition avait jusqu’à présent pu repousser l’examen. Ayant pour optique un élargissement et une intensification des pouvoirs de la police – passant entre autre par la possibilité de mener interpellations, perquisitions et écoutes téléphoniques en l’absence de mandat judiciaire – cette nouvelle loi chère à un parti au pouvoir passablement impatient signerait, d’après ses détracteurs, l’avènement en Turquie d’un véritable « État policier ».

Alexandre De Grauwe-Joignon

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