Art, Culture

Une vie dédiée à la francophonie

En juillet, j’ai rencontré Ekrem Aksoy, mon professeur au département de traduction et d’interprétation anglais-français de l’Université Bilkent où il assure le cours « Introduction à la traduction ». Ekrem Aksoy est l’un de ces professeurs inoubliables qui laissent un bon souvenir à chacun de ses étudiants. Avec son nouveau livre « La francophonie dans l’espace littéraire en Turquie », il a ajouté une nouvelle réussite à sa vie pleine de succès. Afin d’aborder son nouvel ouvrage ainsi que la francophonie en Turquie, il m’a convié dans le bureau débordant de livres, de sa maison. Rencontre

Qu’est-ce qui vous a poussé à consacrer votre vie aux langues et à la littérature ? 

Pour cela, je suis très reconnaissant envers mes deux professeurs de l’enseignement secondaire, dans les années 1950, Mme Nezahat Mısırlıoğlu (professeur de français) et M. Fahri Uzun (professeur de littérature).

Pouvez-vous nous parler de votre intérêt pour la langue française ainsi que de vos activités liées à la francophonie ?  

Licencié du département de français de la Faculté de Langues, d’Histoire et de Géographie, je me suis lancé dans la carrière académique à l’Université Hacettepe en 1965. Maître de conférences en 1981, professeur des universités en 1989, officier de la Légion d’honneur dans l’Ordre des Palmes Académiques en 2005, j’ai été le chef de la section française du département de traduction et d’interprétation de l’Université Hacettepe de 1997 à 2006 et du département de langue et de littérature françaises de ladite université de 2000 à 2005. J’ai été le président du comité de gestion de l’Association Turquie-France de 1998 à 2000, membre fondateur et le premier président du comité de gestion de l’Association des Professeurs de Français d’Ankara. À la retraite, je continue néanmoins à dispenser des cours à l’Université Bilkent.

Vous venez d’écrire un livre intitulé La francophonie dans l’espace littéraire en Turquie. Pourquoi avez-vous entrepris d’écrire un livre à ce sujet ? 

Vers la fin des années 1960 ou au début des années 1970, je feuilletais une revue turque des années 1930, Ictihad. J’y ai vu des articles et des poèmes rédigés directement en français par des Turcs. C’est cette rencontre qui m’a poussé à faire des recherches dans ce domaine et qui a abouti à La Francophonie dans l’espace littéraire en Turquie paru chez L’Harmattan.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur la place de la francophonie en Turquie sachant que la Turquie n’est pas considérée comme un pays prioritaire au niveau de la francophonie ?

La Turquie n’est pas et n’a pas été un pays francophone au sens exact du terme, mais, dans le temps, le français y avait une place privilégiée. Cette langue a même été proche de devenir la langue officielle dans l’Empire ottoman.  

Comment voyez-vous l’avenir de la francophonie en Turquie ? 

La réponse à cette question se trouve dans le sous-titre du livre (Quand Beyoğlu s’appelait Péra, 1956) de Said N.- Duhani : Les Temps qui ne reviendront plus.

Qu’est-ce qui pourrait redynamiser la présence de la langue française en Turquie ? 

Il est indispensable de résoudre les problèmes (chypriote, arménien, kurde et azerbaïdjanais, libyen, méditerranéen) qui opposent les deux pays l’un à l’autre et de développer de relations amicales et intenses dans les domaines politique, économique, militaire et culturel comme dans l’histoire, au XVIIIe siècle.

Vous êtes un lecteur fidèle d’Aujourd’hui la Turquie. Selon vous, quelle place a ce journal dans l’univers francophone de Turquie et quel est son rôle ?

Aujourd’hui la Turquie est l’héritier d’une riche tradition qui a donné naissance, à partir de La Gazette française de Constantinople et du Bulletin des nouvelles, premiers périodiques dans l’Empire ottoman et publiés par l’ambassade de France pendant la Révolution, à plus de quatre cents périodiques ou journaux totalement ou partiellement en français. C’est l’un des derniers combattants de nos jours, comme moi d’ailleurs, de la culture française en Turquie.

***

Je tiens à remercier Ekrem Aksoy pour son investissement sans faille dans sa vie éducative au bénéfice de ses étudiants, mais aussi pour tout ce qu’il nous a appris, pour l’amour et l’hospitalité qu’il a témoignés à ses étudiants.

Irem Mirza

3 Comments

  1. Bonne continuation……

  2. pas de commentaire…..

  3. Kurt

    Merci pour avoir fait un reportage avec le prof des profs M.Aksoy a qui je rend hommage.İl était une fois notre prof de la littérature française. İl nous avait surpris par une question fausse posée lors d’un exeamen intermédiaire.Toute la classe y avaient eu un grand zéro. Je lui rend hommage et souhaite une belle vie future avec santé, bonheur.

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