International, Politique

USA-Cuba : vers un dégel après plus de 50 ans de guerre froide ?

CubausaCette semaine s’est ouverte une rencontre historique entre Washington et La Havane, une première depuis 1961 et la rupture des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. Cette rencontre, organisée à La Havane, s’inscrit dans la lignée d’une précédente annonce conjointe de la part des présidents de ces deux pays le 17 décembre dernier. Une annonce qui faisait déjà était d’un rapprochement à la suite de 18 mois de pourparlers secrets tenus au Canada sous l’égide du Vatican.

USA-Cuba : des ennemis historiques

Depuis 1961 et la crise de Cuba où l’on avait frôlé la troisième guerre mondiale, les relations entre Washington et La Havane étaient réduites à un sévère embargo américain sur l’île et à des contacts diplomatiques inexistants. À la suite de l’annonce d’un rapprochement en décembre dernier, la partie états-unienne avait admis que les sanctions qui sévissaient toujours sur Cuba étaient maintenant obsolètes et périmées. Selon John Kerry, le secrétaire d’État américain, l’organisation de cette rencontre est un moyen de concrétiser la recherche d’un « consentement mutuel » et la fin de cette guerre froide aujourd’hui bien dépassée.

La majorité des Américains est effectivement favorable à une évolution de la politique envers Cuba, excepté une minorité de républicains dont le Congrès américain, ce qui bloque considérablement le président Barack Obama dans son projet de levé de l’embargo. Les Cubains, eux, sont quasi unanimement en faveur d’un rapprochement, étant donnée la situation économique qui devient critique dans le pays mais également pour sortir le pays de son isolement international afin de l’ouvrir aux touristes.

Un dialogue constructif et efficace

LaHavane

La Havane

Ces mercredi et jeudi a eu lieu à La Havane une rencontre historique entre les deux pays. Un rapprochement qui a été mené par deux femmes : Roberta Jacobson la sous-secrétaire d’État américaine pour l’hémisphère occidental et Josefina Vidal la directrice des États-Unis au ministère cubain des Affaires étrangères. Les négociations se sont en général bien déroulées, preuve d’un bon vouloir des deux parties sur la question fondamentale d’un rétablissement des relations économiques, dans un premier temps, puis diplomatiques. Malgré quelques désaccords, notamment sur des sujets sensibles comme l’immigration et la délivrance de passeports, les débats se sont bien déroulés, dans un climat de respect mutuel et d’écoute constructive. Afin de faire preuve de sa bonne volonté, le président Obama a promis de soumettre au Congrès le projet de levée de l’embargo et a également levé la semaine dernière certaines restrictions commerciales, financières et relatives au voyage. Dans un même esprit de réconciliation, son homologue cubain Raul Castro a fait libérer 53 prisonniers politiques dont les noms sont dévoilés par Abc News.

Les États-Unis et Cuba se sont donc concrètement engagés dans un processus certes long, mais irréversible, de normalisation de leurs relations. Les deux parties se montrent relativement optimistes sur le sujet, mais se veulent aussi réalistes, admettant que seul un rétablissement des relations et du dialogue est possible aujourd’hui. La construction d’une ambassade respective dans ces deux pays sera la consécration de cette normalisation, mais ce n’est pas encore au programme du jour.

Juliette Vagile

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