Chroniques

Vers une coalition internationale contre l’EI ?

Lundi 28 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, au terme de 10 années d’absence, le président russe Vladimir Poutine avait fière allure. Bien qu’isolé de la scène internationale en raison du  rattachement de la Crimée à la Russie, mais aussi à cause de son soutien au régime syrien de Bachar Al-Assad, le président russe revenait confiant pour proposer une coalition mondiale associant Assad et son armée pour combattre l’Etat Islamique.

Comment Poutine a-t-il réussi ce revirement ? C’est d’abord et en grande partie à cause de l’aggravation de la crise syrienne et le fiasco de la stratégie américaine pour contrer l’Etat Islamique en Irak et en Syrie. En effet, cela fait un an que les Américains ont formé une coalition occidentale et procèdent à des frappes aériennes, sans succès dans ces deux pays. Pour les combats au sol, ils ont dépensé d’après le Wall Street Journal 500 millions de dollars, pour la formation militaire des 15 000 opposants syriens modérés, et ne sont finalement parvenus à en former seulement 45. Ces derniers ont été capturés dès leur entrée sur le sol syrien ; ceux qui n’ont pas été tués ont pris la fuite. Quant aux Européens, ils sont submergés par le flux des migrants, le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale.

C’est l’impossibilité des Occidentaux à résoudre cette crise, qui ne cesse de s’aggraver, qui a propulsé le président russe sur le devant de la scène politique. Profitant de ce chaos, ce dernier a au préalable renforcé sa présence militaire en Syrie et se présente désormais comme un acteur incontournable. En effet, « la Russie est la seule grande puissance disposant d’une base navale, d’une base aérienne et d’un corps d’expéditionnaire sur le territoire syrien ». Par conséquent, pas de résolution de la crise syrienne sans les Russes.

La semaine précédant l’Assemblée générale de l’ONU, plusieurs pays, notamment l’Allemagne et les Etats-Unis, ont reconnu la nécessité d’une large collaboration internationale y compris avec l’Iran et la Russie, afin de parvenir à une solution politique et militaire en Syrie et contrer l’EI. Néanmoins pour les présidents américain et français, « Assad ne peut faire partie de cette   » solution « , et même si son départ n’est plus un préalable, à terme, il devrait partir ». Mais le président russe a invoqué le principe de souveraineté nationale pour refuser toute idée d’un changement de régime en Syrie provoqué par une intervention extérieure.

En résumé, les deux puissances, américaine et russe, veulent combattre l’EI, mais pour ce faire, ils doivent s’entendre. La question est alors de savoir quel sera l’élément déclencheur qui motivera les Russes à céder aux exigences des Occidentaux concernant le sort de Bachar Al-Assad.

Mireille Sadège

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