International, Politique

Vers une résolution de la question chypriote ?

Le président de la République turque de Chypre Nord (RCTN) Mustafa Akıncı s’est exprimé le 10 décembre devant des étudiants de l’Université de Kadir Has à Istanbul.

 

Mustafa Akinci, le président de la RCTN, s'exprimant à l'Université de Kadir Has

Mustafa Akinci, le président de la RCTN, s’exprimant à l’Université de Kadir Has

Le 9 décembre dernier, l’envoyé spécial du Secrétaire des Nations unies à Chypre, Espen Barh Eide, était en visite à Ankara pour s’entretenir avec le Premier ministre Ahmet Davutoğlu, le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu et le sous-secrétaire du ministre, Feridun Sinirlioğlu.

Le lendemain, c’était au tour du président de la République turque de Chypre Nord (RCTN) Mustafa Akıncı – élu en avril dernier – de se rendre en Turquie.

Pour le président de la République turque de Chypre Nord (RCTN) Mustafa Akıncı, le temps de négociations de paix productives est venu. Les parties devraient être enfermées ensemble sans possibilité de sortir, jusqu’à arriver à un accord, a-t-il conclu.

Faisant allusion au schéma du conclave papal, M. Akıncı a admis que le président de la partie Sud de l’île était pour l’instant peu enclin à une telle initiative. S’exprimant devant des étudiants de l’université de Kadir Has à Istanbul, il a ajouté que les Etats garants – la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, selon le Traité de Garantie signé en 1960 – devraient être présents à la réunion.

La question chypriote, qui empoisponne les relations entre la Grèce et la Turquie depuis les années 1970, et au-delà, est l’un des motifs de blocage des relations entre la Turquie et l’Union européenne (UE), a cependant connus quelques avancées vers une solution. Entre autres, M. Akıncı a cité trois thèmes principaux : la gouvernance, les questions économiques, et l’UE. Si les négociations entre les représentants des deux communautés et les représentants onusiens sont tenues secrètes, les nombreux points d’achoppement qui demeurent sont bien connus. Parmi eux, la propriété, le partage des terres et la sécurité sont les plus prégnants. Le président de Chypre Nord a parlé d’une nécessité pour les deux camps de mettre à plat leurs différends et de fournir un effort commun pour parvenir à une solution pérenne.

Les deux communautés de l’île, greque et turque, sont séparées par une ligne de démarcation depuis que la Turquie a envahit le Nord de l’île et décrété la RCTN en 1974, à la suite d’un coup d’Etat initié par la partie Sud, visant à unifier les deux parties de l’île. Les mouvements ethniques – Grecs vers le Sud et Turcs vers le Nord – ont poussé les populations à laisser derrière eux leurs propriétés, reprises par les membres de la communauté rivale. En 1983, la partie Nord de Chypre avait déclaré son indépendance, un statut reconnu à c e jour par la seule Turquie. En 2004, les Chypriotes grecs avaient massivement rejeté le plan de réunification, présenté lors d’un référendum, à l’inverse de leurs homologues du Nord; une semaine plus tard, ces premiers rejoignaient pourtant l’UE, en même temps que neuf autres Etats.

Après plus de quatre décennies de division, les négociations à Chypre sont le dernier espoir des anciennes générations pour tenter de trouver un accord sur la solution fédérale à présidence tournante entre les deux communautés, alors que les jeunes générations deviennent de plus étrangères l’une à l’autre selon M. Akıncı. Ce doit être “une question de mois, non d’années” a t-il appelé.

Sous la supervision de M. Eide, les négociations entre les parties turque et grecque se sont accélérées. Les deux président se sont rencontrés au total sept fois depuis le début du mois dernier, tandis que les ministres des Affaires étrangères américain, russe, britannique et allemand se sont chacun rendus sur l’île pour afficher leur soutien au processus de paix.

 

Coralie Forget

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