International, Politique

Verts VS Conservateurs : chaque siège compte au Parlement Européen

À l’heure où les Élections Européennes sont au cœur de tous les débats politiques, tous les coups sont permis. Et il y a un homme qui n’entend pas manquer de cette occasion pour se faire entendre. Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé écologique sortant, a profité d’une réunion de son parti au 11 mars 2013 pour critiquer vivement ses adversaires du Parti Populaire Européen. L’occasion pour nous de faire le point sur les deux partis et leurs avancées pour des élections à venir.

Daniel Cohn-Bendit (MdEP, Co-Vorsitzender der Grünen Europafraktion)

Daniel Cohn-Bendit

Cette fois-ci, Daniel Cohn-Bendit n’est pas candidat aux Européennes, mais en tant que figure symbolique du Parti Vert Européen, sa présence au congrès du 4 mars 2014 était essentielle. Également pour rappeler aux électeurs les 16,28% obtenus par les Verts aux Élections Européennes de 2009. Ne faillant pas à sa réputation, l’eurodéputé n’a pas hésité à tacler, ce 11 mars 2014, le nouveau candidat élu par le Parti Populaire Européen, Jean-Claude Juncker. Il critique vivement le manque d’approche sociale dans la politique de l’ancien ministre luxembourgeois de droite. Et reproche le fait que le candidat français du parti, Michel Barnier, « voulait » être élu, au contraire de Juncker. Des déclarations « coup de gueule » à la veille des Européennes.

« Changez l’Europe, votez Vert. »

Ska Keller & José Bové

Ska Keller & José Bové

Il faut dire que les sondages ne sont pas au beau fixe pour le Parti Vert Européen. En France, les intentions de vote pour Europe-Ecologie-les-Verts s’élèvent à 9%, des sondages qui ne font pas reculer la détermination des écologistes pour autant. Pour ces élections, ce sont les eurodéputés José Bové (France) et Ska Keller (Allemagne) qui allient leurs forces au cœur de la campagne, tous deux candidats têtes de listes à la présidence de la Commission Européenne. Les Verts étant la 4e force politique au Parlement Européen, c’est leur place qu’ils risquent cette année. Le terrain de lutte principal reste la France (qui possède aujourd’hui 15 sièges pour EELV) et l’Allemagne (14 sièges pour « die Grünen »). C’est pour renforcer l’unité et relancer la popularité du parti que sera mis en place un manifeste commun aux partis nationaux. L’eurodéputée écologiste Monica Frassoni déclare : « Bien des partis ont des idées, mais notre idée d’une reconversion verte de l’économie constitue une excellente stratégie pour l’Europe. Deuxièmement, notre approche de l’intégration européenne est un projet profondément positif. » En effet, le Parti Vert a mis en place un « New Deal Vert » avec pour premiers objectifs la création d’emplois verts et le développement d’une économie durable en Europe. Critiquant ouvertement l’austérité instaurée ces dernières années, Daniel Cohn-Bendit n’est pas le seul à réprouver ses adversaires conservateurs, puisque Ska Keller déclare ouvertement : « Le PPE [Parti Populaire Européen] ne porte aucun intérêt aux questions sociales en Europe. Ils représentent le bras parlementaire des intérêts des lobbys. »

Élection de Juncker : sujette à controverses ?

Jean-Claude Juncker

Jean-Claude Juncker

Suite au congrès du parti conservateur européen, le PPE, c’est l’ancien ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, qui a été élu comme candidat à la présidence de la Commission Européenne, à 382 voix contre 245 pour son adversaire française Michel Barnier. Cette victoire, malgré tout peu éclatante du candidat, provoque quelques déceptions au sein-même du parti. D’une part, les deux derniers présidents de la Commission étaient eux-mêmes luxembourgeois ; et d’autre part, les politiques peinent à voir en Jean-Claude Juncker un candidat du « renouveau », ce dont aurait pourtant bien besoin la droite au niveau européen. L’influence conséquente de la chancelière allemande Angela Merkel est également remise en cause dans ces primaires du PPE, car il s’agit bien de « son » candidat aux Élections Européennes. Le journal Libération évoque même un résultat digne d’un « House of Cards bruxellois ». En ce qui concerne le programme de Juncker, ce dernier se veut sauveur de l’économie européenne, et promet toutefois des mesures d’ordres sociales –stratégie politique visant à récupérer un électorat sensiblement de gauche. Car malgré tout, les sondages continuent de placer le PSE [Parti Socialiste Européen] en tête des Élections Européennes, avec 209 sièges contre 202 pour les conservateurs.
Le choix des électeurs se fera dans les urnes du 22 au 25 mai 2014. Jusque-là, les débats sont ouverts.

Julie Delaporte

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