International, Politique

Visas : La Turquie menace de bloquer l’accord sur les migrants

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a prévenu que la Turquie bloquerait l’accord sur les migrants si le pays n’obtenait pas la levée des visas pour ses ressortissants avant juin.

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Lors d’une conférence de presse au cours du Sommet humanitaire mondial à Istanbul, le président turc a annoncé que l’accord sur les migrants signé avec l’Union Européenne deviendrait caduc si les turcs n’obtenaient pas une exemption de visas.

« Une étape doit être franchie le 30 juin au sujet des visas […]. Notre ministre des Affaires étrangères et notre ministre des Affaires européennes discuteront [avec les Européens]. Si un résultat est obtenu, tant mieux. Dans le cas où aucun résultat ne serait obtenu, qu’ils nous excusent », a déclaré le chef d’État turc au cours d’une conférence de presse au Sommet humanitaire mondial, qui se tenait à Istanbul. Le cas échéant, « aucune décision, aucune loi dans le cadre de l’application de l’accord de réadmission [des migrants] ne sortira du Parlement de la République de Turquie ».

Un ultimatum d’Ankara

A la mi-mars, les 28 pays membres de l’Union européenne ont conclu un accord crucial avec Ankara au terme duquel tous les migrants arrivant dans les îles grecques seront renvoyés vers la Turquie. Pour chaque Syrien renvoyé vers la Turquie au départ des îles grecques, un autre Syrien doit être réinstallé de la Turquie vers l’Union européenne, dans la limite de 72 000 personnes maximum.

Ankara est en position de force et il est difficilement imaginable que l’UE recule sur cet accord. En effet, la situation chaotique qu’a connu l’Europe semble s’être relativement améliorée depuis la signature dudit accord, puisque le flux de migrants a considérablement diminué et que la Turquie maitrise davantage la prise en charge des syriens sur son sol. Cet accord convient ainsi parfaitement aux pays européens et un recul européen dessus paraît peu probable.

Le question terroriste discutée

La clause pour la levée des visas inclut 72 conditions. Si Ankara affirme remplir la plupart, l’harmonisation de la question terroriste entre l’UE et la Turquie est sujet à à débat. Le pays est en effet embourbé dans le conflit kurde et secoué par une série d’attentats attribués à l’organisation Etat islamique, rendant ce sujet assez épineux.

Lundi, Angela Merkel, chancelière allemande présente à Istanbul à l’occasion du premier Sommet humanitaire mondial, estimait qu’une libéralisation du régime des visas d’ici au 1er juillet était improbable. Elle a notamment déclaré : « J’ai clairement dit que la voie vers l’exemption de visa passait par 72 points ».

Les prochaines semaines s’annoncent donc particulièrement sensibles pour les négociations entre la Turquie et l’Union européenne.

Hamdi Arslan

 

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