Politique

Visite parlementaire au palais présidentiel : boycott du CHP et du HDP

Hier, lundi 27 juillet, une délégation parlementaire menée par le président de la Grande Assemblée İsmet Yılmaz a rendu visite au président Tayyip Recep Erdoğan. Le CHP [Parti républicain du peuple] et HDP [Parti de la démocratie des peuples] ont refusé d’y participer.

Délégation parlementaire en visite au palais présidentiel d’Ankara, lundi 27 juillet 2015.

Députés de l’AKP [parti présidentiel] et du MHP [parti nationaliste] se sont donc rendus seuls au controversé palais présidentiel d’Ankara. Les deux autres formations au Parlement, le CHP (deuxième force politique du pays) et le HDP (quatrième force politique du pays) ont décidé de boycotter l’événement. La vaste opération anti-terroriste lancée sur le territoire ce week-end par le gouvernement, ainsi que les frappes aériennes menées en Syrie et en Irak, semblent avoir définitivement refroidi les relations entre l’aile gauche et l’aile droite de la classe politique turque.

Pour le co-président du HDP, Selahattin Demirtaş, ces décisions militaires intérieures et extérieures participeraient à ce qu’il décrit comme une véritable « machination » politique. Selon lui, l’interpellation de plus de 1.000 individus en deux jours et l’engagement dans le conflit irako-syrien, traduisent une volonté du gouvernement d’essayer de mettre en place un contexte de terreur à des fins électorales.

photo_Mit

Délégation des services de renseignements turcs, lundi 27 juillet 2015.

L’AKP au pouvoir a été régulièrement accusé de perturber le processus de transition vers un gouvernement de coalition, ce après avoir été déchu de sa majorité absolue au parlement le 7 juin dernier. Dans son communiqué de presse de lundi, Selahattin Demirtaş, aime d’ailleurs à qualifier le pouvoir en place de « gouvernement d’interim », rappelant la mission échue à l’AKP : former un gouvernement de coalition, en accord avec les résultats des élections législatives du 7 juin. Alors que beaucoup redoutaient le spectre des élections anticipées, ce dès l’issue de ce scrutin, une telle hypothèse semble aujourd’hui plus concrète que jamais.

Signe d’un dialogue impossible entre le HDP et un gouvernement ayant pris pour cible la plus importante des milices kurdes de Turquie [PKK] ; le cabinet du premier ministre Ahmet Davutoğlu a exclu le parti de la tournée de rapports organisée par le MIT, les services turcs de renseignement. L’organisation avait pourtant rendu visite au MHP et au CHP dans la même journée, afin de les informer de l’évolution de l’opération anti-terroriste menée depuis vendredi dernier.

Parti longtemps tenu en favori à la table des négocations avec l’AKP, le CHP a également participé au boycott de cette délégation parlementaire de lundi, remettant en question la possibilité d’une coalition entre les deux partis. Le fin mot de l’histoire nous sera apporté au terme du délai de 40 jours imparti au gouvernement pour effectuer une coalition. Au-delà, la tenue de nouvelles élections législatives en novembre prochain sera annoncée si aucune alliance n’est formée entre l’AKP et les représentants de l’opposition.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *