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Washington veut « faire tout ce qui est possible » pour la sécurité de son allié turc

Le 08 mai 2016, le Président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé les Etats membres de la coalition internationale contre l’organisation Etat Islamique (EI) de laisser la Turquie « seule » dans la lutte anti-djihadiste. Le gouvernement américain a réagi à ces déclarations.

Depuis l’été 2015, la Turquie a été frappée à plusieurs reprises par les islamistes de l’EI. Que ce soit à Suruç, à Ankara ou à Istanbul, la société civile a été visée par une série d’attentats. A Kilis, ville turque frontalière de la Syrie, des roquettes tombent régulièrement, provoquant l’émoi de l’opinion publique. Face à cette situation, Ankara a décidé de s’investir davantage sur le terrain militaire : l’artillerie turque a été mobilisée à la frontière syrienne et les bombardements sur les positions djihadistes se sont renforcés.

C’est dans ce contexte que le Président de la République turque a déclaré dimanche : « Ils [la coalition internationale] nous ont laissés seuls dans notre lutte contre cette organisation qui nous fait saigner d’un côté avec des attentats-suicides et de l’autre avec des attaques contre Kilis. […] En Syrie, aucun de ceux qui disent lutter contre Daech n’a causé autant de pertes à Daech que nous, ni n’a payé un tribut aussi lourd que nous ».

Outre-Atlantique, Washington, à la tête de ladite coalition, a rapidement réagi à ces déclarations. Lundi, le porte-parole américain à la Défense, Peter Cook, a ainsi déclaré que son gouvernement veut « faire tout ce qui est possible pour que la Turquie se sente aussi sûre et sécurisée que possible, et nous continuerons à travailler à ce sujet avec le gouvernement turc ».

Il semble donc que les Américains tiennent à rassurer leur allié turc. Cette main tendue des Etats-Unis à la Turquie n’est pas anodine. Alors que la question du soutien au YPG (les forces kurdes en Syrie, branche armée du Parti de l’Union Démocratique – PYD) constitue la principale divergence géopolitique entre ces deux pays, il semble que les Etats-Unis tiennent tout de même à maintenir ses relations diplomatiques avec cet allié important au Proche-Orient.

Bien que fragilisées ces derniers mois, les relations turco-américaines sont au coeur des préoccupations des acteurs politiques dans cette région.

Kiymet Altan

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