Art, Culture

YAP : Une nouvelle expo architecturale d’envergure internationale dans les jardins de l’Istanbul Modern

À Karaköy, l’Istanbul Modern accueille en ce moment et jusqu’au 15 novembre, une installation architecturale éphémère. Pour la deuxième fois depuis la création du musée en 1999, l’événement est organisé par le Programme des jeunes architectes (YAP), en partenariat avec le Musée d’art moderne de Manhattan (MoMA) à New York.

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Un projet architectural porteur de nouveautés et d’initiatives

Tout ce qui est solide : c’est le nom du projet architectural sélectionné pour être exposé dans le jardin de l’Istanbul Modern. Ses deux créateurs, Cem Kozar et Işlıl Ünal, ont en effet eu la chance d’être choisis par un jury international composé de 13 membres et présidé par Suha Özkan, architecte et conférencier turc. L’inauguration du projet, qui met à l’honneur les jeunes architectes, a eu lieu ce mardi 9 juin.

Fondée en 2009 par Cem Kozar et Işlıl Ünal, la compagnie PATTU intervient principalement dans les domaines liés à l’architecture, à l’urbanisme ainsi qu’aux expositions.

yap_2L’exploitation des lignes géométriques issues d’une ancienne usine automobile qui se trouvait àl’emplacement de l’Istanbul Modern, a fait la différence parmi les cinq propositions architecturales en finale. Le projet provisoire semble être le souvenir architectural du passé tout comme la vision critique du futur. Un design particulier qui a su plaire au jury.

En accord avec la pensée que souhaite promouvoir le studio PATTU, Tout ce qui est solide représente des bâtiments qui reflètent les « ancres à souvenir » parce qu’ils durent plus longtemps qu’une simple vie humaine. Mais qu’est ce qui permet de rendre solide un bâtiment ? Qu’il soit construit en bois, en ciment ou en marbre, comme l’être humain, il reste vulnérable aux aléas du temps.

En interrogeant l’architecte Işlıl Ünal, le projet Tout ce qui est solide apparaît comme une véritable prouesse technologique et architecturale. Avec fierté, douceur et gentillesse, la jeune femme explique que la structure est constituée de façades en aluminium pliantes, activées par des capteurs de lumière. Le visiteur peut ainsi apercevoir à certains moments de la journée, le glissement des façades, à travers un incroyable jeu d’ombres, de couleurs et de magie.

Whisper of Trees d’Ali Sinan et Hasan Okan Çetin, House of Ropes de FLAT C, Collective Ground du groupe Architecture pour tous et Bosphorus Grove de Young et Ayata : les quatre autres projets finalistes ont, eux, un petit espace de visibilité au sein de l’Istanbul Modern. Leurs maquettes sont en effet exposées à l’intérieur du musée.

Vision écologique et  portée internationale

Les projets en question sont encouragés à aborder les questions environnementales en prenant en compte la durabilité des matériaux utilisés, le recyclage et l’exploration d’innovations architecturales. Ce que n’ont pas manqué de faire Cem Kozar et Işlıl Ünal. En montant Tout ce qui est solide, ils ont cherché également à créer pour les citadins, un lieu urbain de détente et populaire grâce à l’emplacement de chaises longues pratiques en été. Le tout avec un modeste budget.

Mais ils n’auraient jamais pu réaliser ce projet sans le Programme des jeunes architectes. Mise sur pied en 2012, cette initiative qui a lieu deux fois par an, représente une réelle opportunité pour les jeunes diplômés d’architecture. Car elle leur permet de réaliser une œuvre en vue d’être exposée au sein des jardins du Musée d’Istanbul. C’est en 1998 que cette idée est née, au sein du prestigieux Musée d’art moderne de Manhattan. D’autres musées ont joint, par la suite, le mouvement comme Constructo au Chili, le Musée national des arts du XXIe siècle en Italie, le Musée national d’art moderne et contemporain en Corée du Sud et, bien sûr, le Musée d’art moderne en Turquie.

Renaissance architecturale à travers une vision engagée

« Considéré comme pionnier en termes d’arts et de culture, l’Istanbul Modern veut contribuer à la création d’une sensibilité culturelle internationale et vise l’appréciation de l’art contemporain en Turquie, à travers notamment sa collaboration avec le Musée d’art moderne de Manhattan et le Programme des Jeunes Architectes », explique Oya Eczacıbaşı, présidente du conseil d’Istanbul Modern.

Les projets innovants présentés dans ce cadre contribuent à donner une meilleure vision de l’architecture contemporaine en Turquie. Tout ce qui est solide s’est démarqué car il met également en lumière les problèmes liés au phénomène d’urbanisation sauvage et d’architecture de consommation. Par conséquent, il s’oppose à une politique de rénovation urbaine de masse engagée par le gouvernement actuel.

Jessica Mauzole

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