Art, Culture

Yaşar Kemal à l’honneur à l’université Galatasaray

Ce lundi 29 février, l’université Galatasaray d’Istanbul organisait des conférences et des expositions pour célébrer le premier anniversaire de la mort de l’écrivain turc. Tout au lonf de la journée, divers supports rappelaient à tous la qualité de l’écriture de Yaşar Kemal.

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« Embrasser l’homme, la société et le monde ». Tel est le nom de l’événement organisé lundi à Galatasaray. Tout au long de la journée, les conférences se succédaient avec pour objectif d’embrasser l’ensemble de la carrière de Yaşar Kemal. D’origine kurde, il grandit à Hemite, actuelle Gökçedam, dans la province d’Osmaniye au sud-est de la Turquie. Très jeune orphelin de père, ayant arrêté ses études à la fin du secondaire, il exerce très jeune toutes sortes de métiers tout en publiant des poèmes dans des revues. C’est en 1955 que son premier roman, Memed le Mince (Ince Memed), traduit en 40 langues, paraît et le propulse sur la scène internationale comme figure marquante de la littérature turque. Tout au long de sa carrière, son écriture est reconnue comme lieu de rencontre entre les traditions orales ancestrales des bardes turcs et une influence plus occidentale contemporaine, proche de la technique du flux de conscience.

Entre-temps, Kemal est aussi engagé dans les milieux communistes, et son militantisme lui vaudra une peine de prison en 1950. Ardent défenseur des droits des minorités kurde et arméniennes, il militera longtemps contre les dérives des gouvernements d’Ankara. Écrivain mais aussi auteur de reportages au quotidien Cumhuriyet, il menait un « Journalisme de combat », comme le rappelait la conférence de Timour Muhidine, de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) de Paris, invité à l’université Galatasaray lundi 29 février.

Ce sont tous ces aspects que la journée d’hommage visait à couvrir, en abordant aussi bien les différentes facettes de son écriture – figures féminines, couleurs et textures, motifs épiques, etc – que de son engagement politique et journalistique. En parallèle des conférences, deux expositions de photographies lui sont consacrées, comme un hommage au mélange permanent de mots et d’images qu’était l’écriture de Kemal, ainsi que l’a rappelé Sadık Karamustafa, de l’Université Mimar Sinan. Dans une autre pièce, enfin, ce sont les couvertures françaises de ses œuvres que l’on pouvait venir observer. Tout compte fait, les organisateurs de l’événement offraient une vue globale de ce qu’ont été la vie et la carrière de Yaşar Kemal.

Héloïse Lévêque et Sofiane Zaizoune

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