Politique

Yémen : pourparlers prévus ce dimanche à Genève

geneveLes différents acteurs du conflit yéménite ont annoncé samedi dernier leur accord sans conditions préalables pour la tenue de pourparlers à Genève ce dimanche, sous l’égide de l’ONU.

L’opposition armée houthiste s’est emparée en janvier de la capitale du pays Sanaa, contraignant le président Abd Rabbo Mansour Hadi à la fuite. D’abord vers la ville d’Aden, au sud, déclarée temporairement nouvelle capitale du Yémen, puis vers l’Arabie saoudite. Cette même terre d’accueil du président en exil s’était rapidement chargée de la mise en place d’une coalition arabe sunnite pour venir à bout de la rébellion. En effet, d’obédience chiite, la secte houthiste constitue une véritable menace pour l’Arabie saoudite, tant à ses propres frontières que dans l’ensemble du Moyen-Orient. L’Iran pesant chaque jour un peu plus au sein de l’arc chiite, et ce depuis l’aide significative accordée par Téhéran aux Kurdes irakiens contre l’État Islamique, Riyad se devait donc de réagir, apportant ainsi une aide de taille au président Hadi.

Toutes les parties présentes aux pourparlers

À l’initiative de la réunion prévue à Genève le 14 juin prochain, Ban Ki-Moon s’est félicité dès lundi de la présence confirmée des rebelles houthistes aux côtés du gouvernement Hadi. La violence des frappes de la coalition menée par Riyad laissait en effet craindre l’impossibilité d’un tel dialogue côté houthiste, à l’heure où le bilan des victimes de cette guerre civile franchit la barre des 2000 morts et où le nombre de réfugiés avoisine le million. L’ancien président Ali Abdallah Saleh, destitué par le printemps arabe yéménite de 2011 et allié des rebelles houtistes, a quant à lui également salué la tenue de cet événement, non sans ironie, soulignant n’avoir pas reçu d’invitation à s’y rendre lui-même. C’est dire si l’issue de ces pourparlers semble encore incertaine.

Le président Hadi, représentant légal du Yemen

Le président Hadi, représentant légal du Yemen

Des négociations qui s’annoncent houleuses

Le pouvoir légal représenté par Hadi a néanmoins été clair ce lundi quant au contenu des pourparlers, n’hésitant pas à hausser le ton à l’approche de l’événement, et rappelant notamment qu’il ne s’agirait pas de négociations à parts égales mais bel et bien d’une discussion sur la manière de faire appliquer la résolution 2216 sans concession aucune. Un scénario irréaliste car cette résolution stipule le retrait total des forces houtistes du pays et l’abandon des armes saisies par le groupe à l’armée régulière, ce sans contrepartie. Si les rebelles ont accepté de se rendre à Genève dimanche prochain, il ne fait aucun doute qu’ils continueront la lutte entamée depuis maintenant une dizaine d’années. Le soutien que leur apporte l’ex-président Saleh pose aussi problème dans le cadre de ces pourparlers ; une grande partie de l’armée lui est encore fidèle, et ne pas l’inclure dans les négociations pourrait se révéler une erreur.

Un processus de négociation en marche donc, mais qui semble déjà voué à l’échec, tandis que les actions menées par la coalition de Riyad continuent, ayant déjà fait à elles seules plus de 1000 pertes civiles, soit la moitié du nombre total des victimes recensé depuis le début du conflit. Conflit dont le prolongement profite nettement à AQPA (Al-Qaïda dans la péninsule Arabique) depuis le début de l’intervention saoudienne.frappe

Un triple attentat suicide à Sanaa le 20 mars dernier, lors duquel 147 victimes ont perdu la vie, laissait également craindre le développement d’un nouveau front de l’État islamique au Yémen suite aux revendications livrées par des dissidents d’AQPA se présentant comme soldats de l’organisation terroriste.

 

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