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Yiech Pur Biel, réfugié et athlète aux JO – Portrait

 J-3 avant les JO, les athlètes se préparent et commencent à arriver à Rio. Parmi eux, Yiech Pur Biel, réfugié sud-soudanais de 21 ans, qui, après avoir surmonté de nombreuses difficultés désire aujourd’hui devenir un symbole d’espoir.

2016-08-01 21.27.24 Yiech Pur Biel fait parti des milliers d’enfants du groupe ethnique Nuer et Dinka qui ont fui le Sud-Soudan lors de la seconde guerre du Soudan qui s’est achevée en 2005. Comme ces trop nombreux « enfants perdus du Soudan », il a dû se débrouiller seul, mais a redoublé de courage pour réussir sa vie.

Celui qui deviendra un athlète olympique a fui son pays il y a onze ans maintenant, pour rejoindre en 2005, seul, un des plus grands camps de réfugiés du monde : le camp de Kakuma au nord du Kenya, lieu de résidence de plus de 179.000 personnes.

C’est dans ce lieu, où il vit depuis dix ans, qu’il a commencé le sport et dans un premier temps le football. Mais, plus rapide et endurant que les autres, il a fini par abandonner cette discipline. Ayant de grandes ambitions en matière de réussite sportive et frustré de dépendre des autres membres de son équipe, il a préféré se lancer dans la course à pied.

L’athlète se rappelle trop bien des difficultés rencontrées et en apprécie d’autant plus le chemin parcouru : « La plupart d’entre nous doivent surmonter de nombreuses difficultés […] Dans le camp de réfugiés, il n’y a aucune infrastructure ; nous n’avons même pas de chaussures. Il n’y a pas de salle de sport. Même le climat ne donne pas envie de s’entraîner, car il fait très chaud et le soleil brille sans relâche du matin au soir. »

En effet, malgré les challenges, Yiech a continué à s’entraîner et sa détermination a payé lorsqu’il y a un an, il a commencé la compétition au sein de la Fondation Tegla Logroupe qui a repéré son talent et a décidé de le coacher dans la capitale kenyane, Nairobi, en vue de participer aux Jeux olympiques.

C’est grâce à cette association dirigée par l’ancienne championne olympique du même nom qu’il a été sélectionné, avec quatre autres de ses camarades sud-soudanais, pour concourir à l’épreuve du 800m cette année aux Jeux de Rio sous la bannière du drapeau olympique.

Alors que le jeune homme s’apprête à défiler à l’ouverture des Jeux olympiques au côté de dix autres réfugiés, ses pensées et ses espoirs vont vers son pays natal et sa famille : « Je me concentre d’abord sur mon pays, le Soudan du Sud, car personne d’autre que nous, les jeunes, pouvons le changer […] Ensuite, je me concentre sur mes parents. Je dois changer leur vie. »

Mais pour lui, participer aux Jeux de Rio est aussi un moyen d’insuffler un peu d’espoir à ceux qui, comme lui, ont dû tout quitter pour survivre : « Je peux montrer aux autres réfugiés qu’il y a de l’espoir pour eux dans la vie. L’éducation, et la course aussi, vous permet de changer le monde […] même si je ne gagne pas une médaille d’or ou d’argent, je vais montrer au monde qu’un réfugié peut faire quelque chose »

Si nous lui souhaitons de gagner la course du 800 mètres, nous tenons à lui rappeler qu’il n’a rien à prouver ; le chemin qu’il a parcouru et les difficultés qu’il a surmontées constituant déjà une leçon au monde.

Pour visionner son portrait :

Camille Saulas

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