Politique

Zizanie au sein de l’AKP

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Melih Gökçek (gauche) et Bülent Arınç (droite).

Suite à leur joute verbale sur Twitter, les deux membres de l’AKP Melih Gökçek, maire d’Ankara, et Bülent Arınç, vice-Premier ministre, n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente. Une discorde qui pourrait bien entraîner des sanctions.

UNE QUERELLE QUI SCINDE LE PARTI

La dispute qui oppose Bülent Arınç et Melih Gökçek suit son cours, et prend des proportions telles que cela inquiète le gouvernement et l’AKP : en effet, après les accusations mutuelles des deux membres du parti au pouvoir, une enquête les mettant tous deux en cause a été lancée par le bureau du procureur d’Ankara. Le chef d’accusation commun aux deux hommes est l’« abus de pouvoir », mais le maire d’Ankara est également suspecté de « détournement de fonds » et le vice-Premier ministre de « non-dénonciation de crimes ».

La polémique a démarré après qu’Arınç a critiqué ouvertement Erdoğan pour sa position sur la question kurde, qui diffère sensiblement de celle du gouvernement. Entre lui et Gökçek, qui est proche du président, le ton est vite monté, et ils en sont venus lundi dernier à des attaques personnelles lancées sur Twitter. Melih Gökçek a demandé à Bülent Arınç de démissionner ; « nous ne te voulons pas », a-t-il asséné. Les adversaires se sont ensuite mutuellement reprochés d’être des suppôts de Gülen, l’ennemi n°1 de l’AKP, profitant chacun de la chasse au sorcière et des purges qui se déroulent dans l’appareil d’État pour tenter de discréditer l’autre. Bülent Arınç a affirmé que le maire d’Ankara vendait la ville « morceaux par morceaux » aux Gülénistes et l’a menacé de « révéler [ses] fautes ».

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Créative comme à son habitude, la toile turque ne s’est pas privée de tourner la dispute en dérision.

LE PREMIER MINISTRE CONTRARIÉ

Suite à cette empoignade virtuelle qui risquait de sérieusement écorner l’image de l’AKP, Ahmet Davutoğlu est finalement intervenu, certifiant que les accusations étaient fausses des deux côtés, et affirmant : « Nous prendrons les sanctions disciplinaires nécessaires à l’encontre de quiconque s’engagera dans une polémique qui pourrait ternir le crédit de notre parti aux yeux des gens, particulièrement à un moment aussi crucial que celui qui précède les élections. Personne n’est immunisé. Je le dis clairement ». Le Premier ministre, semble-t-il, s’est également entretenu séparément avec les deux antagonistes.

Son message semble avoir été entendu. Hier soir, Arınç a reconnu la non-véracité de ses allégations concernant l’ « organisation parallèle », déclarant que les attaques du maire d’Ankara sur sa vie personnelle l’avaient échauffé, mais qu’il avait choisi la mauvaise enceinte pour se défendre. Il a cependant ajouté : « Si [Gökçek] voit mes propos comme des insultes, il peut saisir la justice. Nous respecterons la décision du tribunal. Cela ne serait pas la première fois que nous comparaissons. Mais s’il dépose une plainte et que l’on me demande de répondre à des questions sur certaines matières, alors tout le monde doit savoir que le plaignant finira perdant ». Une hache qui ne sera pas enterrée tout de suite, donc.

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Victoria Coste

1 Comment

  1. Il faut espérer que les électeurs turcs sauront tenir compte de tout ça en Juin prochain.
    Jusqu’à présent ils étaient un peu aveuglés par la réussite économique en cours depuis 10 ans que l’AKP a accaparé le pouvoir.
    Je me demande ce que devint Abdulla Gul, l’ancien président, et l’un des rares hommes politiques membres de l’AKP qui jouit encore du crédit auprès d’à peu près tout le monde en Turquie.

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