Culture, Découverte

Zorlu Center PSM : la Hongrie célébrée en musique

Nous nous sommes rendus, le vendredi 13 mars dernier, au Zorlu Center PSM, la plus grande salle de spectacle d’Europe, pour une soirée consacrée à la commémoration du « Nemzeti ünnep », c’est-à-dire la fête nationale de la Hongrie, en la présence du président de la République hongroise, János Áder.

Le cœur du programme de cette soirée était la première présentation mondiale du piano Bogányi, un piano de conception fondamentalement différente de ses prédécesseurs.

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Le président de la République hongroise, János Áder.

En amont, une réception a été organisée, réunissant les représentants des institutions turques et des administrations étrangères en Turquie, ainsi que de multiples dirigeants d’entreprises et journalistes, l’occasion de discuter autour de l’exposition de la peintre Julia David, inspirée de l’ancienne Hongrie. Cette réception était garnie de mets fins et habitée par une assemblée arborant une broche aux couleurs de la Hongrie. À la fin de cette réception, nous avons été conviés à nous installer dans cette magnifique salle de spectacle du Zorlu Center PSM. Au centre le piano était là, recouvert d’un drap noir.

La speakerine, présente sur scène devant les drapeaux de la Hongrie et de la Turquie, nous a tout d’abord invités à nous lever pour assister aux hymnes des deux pays. Après la vive émotion provoquée à leur écoute, le président hongrois János Áder a tenu un discours rendant hommage à ses hôtes et aux acteurs de la révolution hongroise de 1848, une insurrection contre le pouvoir des Habsbourg qui, sur le long terme, aura permis à la Hongrie d’être indépendante et maîtresse de son destin. Il a aussi rappelé les liens historiques entre la Hongrie et la Turquie, se réjouissant qu’ils perdurent à l’heure actuelle. Juste avant le concert de piano, nous avons assisté à un spectacle d’enfants interprétant une danse folklorique hongroise, apprise et répétée au sein du centre culturel hongrois de Turquie.

HongriePar la suite, le fameux piano nous fut dévoilé. Du nom de son inventeur Gergely Bogányi, pianiste réputé dès son plus jeune âge, cet instrument au look futuriste aura nécessité dix ans, 8000 heures de travail et plus d’un million d’euros pour son élaboration. Presque chaque partie du piano traditionnel a été repensée.

Délaissant le bois pour du carbone composite, l’instrument et ses formes incurvées fonctionnent comme des déflecteurs de son de telle sorte qu’en arrivant à l’auditoire, le son soit le plus claire et le plus équilibré possible. La différence sonore entre les pianos traditionnels et celui-ci était ainsi nettement perceptible. Ce piano présente la particularité d’exercer par ses cordes une très faible pression sur la caisse de résonance, induisant un son peut-être moins puissant que sur un piano classique, mais qui délivre des mélodies d’une précision inégalée. Ajoutons à cela qu’au-delà des performances techniques de cet instrument, son originalité esthétique en fait un réel objet d’art.

Ainsi cette soirée en l’honneur de la Hongrie a réussi mettre en perspective le passé et l’avenir de ce pays du centre de l’Europe, tout en rendant hommage à ceux qui ont permis que cet avenir se construise.

Thomas Nicod

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