Place aux reines…

Par Eren M.Paykal
Publié en Mai 2026

L’été… De nouveau... Enfin !

Comme chaque été, nous préparons avec beaucoup d’appétit nos lectures estivales. En ce qui me concerne : les polars, comme l’année passée.

Cette année et pour ce premier volet, je vais me pencher sur les reines du genre qui ont imprimé leurs traces en langue anglaise. 

En parlant de reines… Ce serait plutôt l’impératrice Agatha Christie qui ouvrirait le bal, si j’ose dire. Son personnage fétiche : le non moins fameux, pittoresque et perspicace détective Hercule Poirot, belge de son état, apparaissant dans 33 romans et 51 nouvelles publiés entre 1920 et 1975. Il n’est pas aristocrate, mais il évolue dans la haute société anglaise de château en palais, collaborant avec les services secrets anglais et servant les intérêts de la Couronne… anglaise et non belge. Le whodunit, ou la résolution d’une enquête criminelle, surtout en chambre close, c’est son domaine de prédilection. Agatha Christie a aussi évoqué le colonialisme anglais avec des chefs-d’œuvre comme Mort sur le Nil, Le Crime de l’Orient Express, entre autres. Néanmoins, l’un de ses romans les plus réussis est Dix petits nègres. Bon le politiquement correct a changé son titre original en Ils étaient dix. Vouloir changer le titre d’une œuvre considérée comme un classique et qui ne portait en soi aucune ambiguïté, c’est peut-être aussi une forme de totalitarisme…

Mais continuons notre chemin vers l’Italie, Venise plus précisément, où nous rencontrons Donna Leon. Cette autrice américaine nous entraine sur les traces d’un inspecteur de police, Guido Brunetti, chargé de la Sûreté de cette entité particulière qu’est Venise, ancienne république dominante réduite à une cité décadente sombrant de jour en jour sous les eaux. J’y vois une ressemblance avec la sublime ville de Nouvelle-Orléans, une autre ville de mystères qu’on avait évoquée l’année passée. Brunetti, durant 32 actes correspondant à 32 livres, lutte contre la corruption dans sa ville mais aussi dans toute l’Italie, dans un État en pleine déliquescence. Issu d’une famille ouvrière, il est père de famille, marié avec une fille de la puissante aristocratie locale… On devine que ce contraste va déboucher sur une certaine critique sociale. Précisons qu’en raison de ces critiques de la bella republica, la série n’a pas été traduite en italien. On trouve dans ces romans des mets succulents d’une Venise décadente mais royale…

Ripley… Vous le connaissez sans doute. Mais celle qui l’a écrit ? 

L’on parle de la grande Patricia Highsmith que j’ai connue grâce à ma mère qui m’avait donné la version en anglais du roman L’Inconnu du Nord-Express. Depuis, je suis tombé sous le charme (merci Maman, et joyeux anniversaire à toi le 15 juillet !) Elle est brillante mais dérangeante, son personnage principal ‒ ou plutôt son anti héros ‒ Ripley nous ayant lancé dans des pensées contradictoires… Le soutenons-nous ou non ? Le roman policier psychologique atteint ses sommets sous sa plume, avec des êtres mous anéantis par de plus forts qu’eux, des relations ambiguës et même tabous à l’époque, des relations lesbiennes qui représentent bien l’autrice, censurée pour ses mœurs jugées non appropriées à l’époque, comme ce fut le cas pour son livre Carol

Mais revenons à Ripley. Il a été brillamment représenté à l’écran par de grands artistes du cinéma international, comme Alain Delon dans Plein Soleil et surtout, The Talented Mr Ripley réalisé par Anthony Minghella avec des monstres sacrés comme Matt Damon, Jude Law, Gwyneth Paltrow et l’immense Philip Seymour Hoffman. Un film à voir et à revoir.

Terminons cet article avec la reine des reines : Robert Galbrait

Auteur masculin, pensez-vous ? En fait, c’est Madame JK Rowling qui utilise comme nom de plume ce pseudonyme pour ses livres policiers qui mettent en scène le détective londonien Cormoran Strike, ancien vétéran très grand et très gras, et sa partenaire, la très charmante Robin Venetia Ellacott. Cormoran est le fils quasi (!) illégitime d’une rock star. La série de sept livres (pour le moment) se consacre aux relations sombres de l’économie de la bourse anglaise et des nouveaux-riches… Une série à suivre.

Ainsi se termine ( ?) cette série de polar… Pour l’instant !

L’été continue…

Eren Paykal