The Phoenician Scheme vient rafraîchir l’univers de Wes Anderson en apportant une histoire nouvelle et plus intrigante, dans la continuité de ses deux précédents films, Asteroid City et The French Dispatch. En fait, les nombreuses personnes qui avaient attendu ces deux films avec impatience avaient finalement été déçues. En particulier, le fait qu’aucun des deux n’avait remporté de prix au Festival de Cannes avait renforcé l’idée qu’ils souffraient de certaines faiblesses…
À ce sujet, je voudrais dire ceci : oui, on peut considérer que ces deux derniers films étaient un peu plus lents et peut-être moins inventifs sur le plan narratif, comparés aux œuvres précédentes du réalisateur. Mais cela n’enlève rien à leur qualité : ils restent malgré tout de très beaux exemples du cinéma propre à Wes Anderson.
Son dernier film, The Phoenician Scheme, a d’ailleurs réussi à obtenir enfin un prix au Festival de Cannes 2025. On peut s’arrêter un instant sur les raisons de ce succès. Dans ce film, Wes Anderson propose une narration beaucoup moins complexe que dans ses précédents travaux. Il parvient à adapter son histoire à son univers visuel si caractéristique sans jamais le trahir, tout en proposant cette fois-ci une progression beaucoup plus linéaire. Cela rend l’immersion dans le récit plus facile.
Le film commence en racontant l’histoire de Zsa Zsa Korda (interprété par Benicio Del Toro). Une fois qu’on comprend quel genre d’homme il est, on découvre ses enfants, et en particulier sa fille Liesl (Mia Threapleton), qui a décidé de devenir religieuse. Résumons brièvement l’intrigue : après avoir survécu à un crash d’avion presque mortel, Zsa Zsa décide de léguer toute sa fortune à sa fille. Mais il prévoit d’abord une « période d’essai », qu’il ne mettra en œuvre que si sa fille accepte son plan.
Korda est un magnat impitoyable, un capitaliste dur, sans scrupules. Pourtant, au fil de l’histoire, on le voit passer de plus en plus de temps avec sa fille, et leur lien se renforce peu à peu. Liesl, quant à elle, est incarnée avec très peu d’émotions faciales ‒ un choix parfaitement adapté à son personnage ‒ et cela rend leur relation d’autant plus intrigante. Korda est un homme qui ne respecte aucune loi, toujours prêt à arnaquer ses partenaires commerciaux. Pour réaliser son fameux « projet phénicien », il cherche des associés, les uns après les autres, et l’histoire progresse sur cette base.
Comme souvent dans les films d’Anderson, le casting est remarquable. Parmi les acteurs figurent également, en plus de ceux déjà mentionnés, Michael Cera, Riz Ahmed, Tom Hanks, Scarlett Johansson, Benedict Cumberbatch, Bryan Cranston, Mathieu Amalric, Richard Ayoade, Bill Murray, Hope Davis et Rupert Friend. Un casting pareil suffit à lui seul à justifier de voir le film, sans parler de l’univers cinématographique si singulier de Wes Anderson.
À ce stade, peut-on considérer que le film constitue aussi une critique du capitalisme et de son système destructeur ? À mon avis, oui. En consultant les critiques, je n’ai pas vu beaucoup de commentaires allant dans ce sens, mais je pense que le film aborde bel et bien la toxicité du capitalisme ‒ un système capable de diviser même les membres d’une même famille ‒ ainsi que des questions fondamentales comme la véritable nature de la foi.
C’est justement sur ces thématiques que je propose ici une analyse plus approfondie du récit. Si ce genre de sujets vous intéresse et si vous aimez faire des lectures plus complexes, alors la structure du film, à la fois rigoureuse et déroutante, vous y encourage fortement.
Comme dans chacun de ses films, Wes Anderson nous « rassasie » visuellement. Si vous aimez les beaux films, portés par d’excellents acteurs, soigneusement réalisés, avec une esthétique propre et une histoire à la fois originale et captivante, alors je vous recommande vivement The Phoenician Scheme. Et si vous êtes sensible à l’univers de Wes Anderson ou amateur de grands noms du cinéma, ce film est tout simplement incontournable.
Simrug Bahadir