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Le 14 Juillet depuis Istanbul et Ankara

La célébration dans les représentations diplomatiques et consulaires du 14 juillet, fête nationale française, a encore eu lieu en grandes pompes cette année. Les équipes d’Aujourd’hui la Turquie ont pu participer aux festivités dans les trois villes où elles se déroulaient : à Ankara et Istanbul le 14, à Izmir le 17. IMG_0959 Rendons à la capitale et à l’ambassade la primauté qui leur est due. Après avoir salué ses invités, l’ambassadeur de France en Turquie S.E. Laurent Bili a prononcé quelques mots de bienvenue, en compagnie de sa femme Sabine. A cette occasion, il a rappelé l’importance et la profondeur historique des liens qui associent la France et la Turquie, depuis l’accord de François Ier et Suleyman au temps de la Sublime Porte. L’occasion de rappeler l’intensité des échanges entre les deux pays, et les échéances majeures à venir : le forum de coopération franco-turc en septembre, mais aussi la prise de la présidence tournante du G20 par la Turquie en 2015 ou la conférence de Paris qui s’annonce comme un défi diplomatique majeur pour la France, pays hôte. L’ambassadeur retient pour l’année à venir deux axes conducteurs, dans un premier temps, « concrétiser les projets de coopération que nous avons lancé », et dans un second temps « réaffirmer ce qui nous rapproche en tant qu’Européens ». P1160175 M. Mevlüt Çavuşoğlu, ministre des Affaires européennes et représentant du gouvernement turc, comme la tradition protocolaire turque l’exige, a pris la parole à la suite de l’ambassadeur. Son discours a célébré « un pays ami, allié, la France ». Le ministre s’est félicité de la coopération entre les deux pays, et de leur convergence de vues sur les crises au Moyen-Orient. Il a également rappelé l’importance du soutien de la France dans le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, alors que la France bloque toujours le chapitre 17 des négociations (consacré à la politique économique et monétaire). Interrogé plus tard dans la soirée par nos reporters, l’ambassadeur nous confiait l’ampleur des changements constatés entre sa nomination à ce poste, en juillet 2011, et son précédent poste à Ankara, de 1995 à 1999 : « La transformation des infrastructures est la plus visible, mais elle ne doit pas obstruer la perception d’un changement profond des mentalités ». Sans se prononcer sur les élections présidentielles d’août, hormis pour souhaiter qu’elles se déroulent dans le plus grand respect des valeurs de l’Etat de droit, il précise qu’il ne croit pas à un changement de cap du gouvernement sous l’impulsion d’un nouveau président, du moins tant que le régime turc restera parlementaire.

Avec Ilber Ortalyi

Avec Ilber Ortalyi

La réception était une vitrine parfaite pour les régions et les savoirs faire français, présentés sur de grands écrans éparpillés dans le jardin de l’ambassade : confection de fromages, paysages de la Bretagne et de la région Rhône Alpes étaient projetés, afin de « donner à nos amis turcs l’envie de venir visiter la France, et pas seulement Paris et la Côte d’Azur« . Alors que la soirée a commencé dans une atmosphère distinguée, les invités se sont petit à petit laissés emporter au rythme de chansons de variété française. Ils ont pu profiter d’un buffet témoignant du fait que la coopération franco-turque se transpose à merveille dans la gastronomie. Puis vint le feu d’artifice ! La réception s’est poursuivie sur une tonalité festive, avec un DJ « bien meilleur que les autres années », selon une invitée. En bref, la soirée aura été menée tambour battant, avec une distinction à la française que les hôtes étrangers ne manqueront pas de retenir, bien que certains déplorent une ambiance un peu trop « guindée ». Représentants de l’ambassade du Rwanda, famille des ambassadeurs canadien et belge ainsi qu’hommes et femmes d’affaire turcs et français, tous sont d’accord pour saluer une soirée réussie. Un seul bémol –mais en est-ce un ?-, « un manque de table et de chaise patent », nous confie une employée de l’ambassade française. A noter pour l’année prochaine.

Pascal Nouma au mic

Pascal Nouma au Mic’

Pendant ce temps se tenait à Istanbul, dans les jardins du Palais de France, une soirée moins protocolaire mais tout aussi prestigieuse. Nombreux sont ceux qui étaient présents pour rencontrer le nouveau Consul de France à Istanbul, Mme Muriel Domenach, qui aura officié son premier 14 juillet dans la cité stambouliote. Entre officiels turcs, partenaires stratégiques du Consulat, diplomates, généraux, personnalités et expatriés français, plus de 2500 invités ont pu assister à l’événement. L’organisation rondement menée a permis d’accueillir les invités en deux temps et d’éviter l’attente à l’entrée. Ce sont avant tout des amis qui étaient présents pour célébrer ce jour important et riche en symboles qu’est le 14 juillet. La spécificité de l’événement stambouliote était que tous les Français enregistrés sur les listes du Consulat pouvaient se joindre à la fête. Madame le Consul a salué le sponsoring de l’événement durant son discours, révélateur de relations économiques saines et durables maintenues entre la France et la Turquie. Un avis partagé par Mr Hayri Inönü, maire de Şişli et fils de l’ancien président de la République de Turquie Ismet Inönü. Il a insisté sur la solidité des relations économiques et diplomatiques franco-turques, bien meilleures que par le passé, et sur l’importance de célébrer les valeurs de la fête nationale française au sein de cette « oasis en plein Istanbul » que représente à ses yeux le Palais de France.DSC_5552 La plupart des personnalités turques interrogées abondaient en ce sens, prônant le lien indéfectible qui existe entre les deux pays, dans de nombreux domaines. Pour le célèbre peintre turc Bedri Baykam, le 14 juillet rappelle les principes de la révolution française et les notions immarcescibles d’égalité, de liberté et de fraternité, qu’Atatürk a lui-même repris. Pour Layla Alaton, femme d’affaires turque, et Serra Yılmaz, grande actrice et traductrice, le fait de célébrer cette fête à Istanbul est devenu, pour ainsi dire, une tradition, permettant de rassembler français et turcs en toute amitié dans cette emblématique institution. Au delà du cadre majestueux, des buffets de gastronomie française et turque dont ont pu profiter les invités, et de l’ambiance au beau fixe tout au long de la soirée, Madame le Consul nous révèle: « je suis heureuse d’entendre la Marseillaise et l’Istiklal Marşe ensemble, heureuse d’accueillir mes invités dans ce lieu chargé d’histoire, où je m’efforce de servir mon pays et la relation franco-turque du mieux possible ». L’enjeu pour elle consistait, de prime abord, à organiser un beau 14 juillet et à innover en invitant notamment Pascal Nouma, ancien footballeur français et star du club de Beşiktaş, personnifiant « cette France qui va vers la Turquie et la langue turque, cette France dynamique et moderne, qui va dans le bon sens, cette France qui est là où on l’attend». En somme cette soirée pourrait se résumer dans les dires du consul honoraire de France à Bursa, Monsieur Mehmet Erbak «  C’est dans cet endroit magnifique et chargé d’histoire que j’aime à voir ces belles relations amicales entre la France et la Turquie. Des relations qui vont perdurer dans le temps sans l’ombre d’un doute, et cette soirée en est un des plus beaux témoignages. »

Equipe d’Ankara : Isaure Magnien, Aprilia Viale

Equipe d’Istanbul : Sirma Parman, Benjamin Delille, Myriam Saqalli

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