Politique

Ahmet Davutoğlu sera le prochain Premier Ministre de la Turquie

Le Ministre des Affaires Étrangères Ahmet Davutoğlu a été nommé par l’office central exécutif de l’AKP comme candidat à la succession d’Erdoğan, élu Président le 10 août.

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Les négociations internes à l’AKP duraient depuis le 10 août, afin de déterminer qui serait la nouvelle figure de proue de l’AKP et le leader de son groupe parlementaire. La Constitution de 1982 interdit en effet au Président toute appartenance partisane, Erdoğan doit donc résigner son poste auprès de l’exécutif de l’AKP, ce qui n’a toujours pas été fait. Le groupe majoritaire obtient de fait le poste de Premier Ministre et la tâche de former le gouvernement, les enjeux sont donc primordiaux : Erdoğan n’a jamais désigné de dauphin officiel, et de nombreux noms étaient chuchotés dans les officines du parti avant la réunion au sommet d’hier. Le candidat idéal devait réunir les faveurs de l’électorat de l’AKP, mais aussi faire consensus entre les éléphants du parti. Les défis qui l’attendent requièrent aussi de larges épaules: l’AKP rencontrera le rendez-vous électoral le plus crucial avec les élections générales de juin 2015. Ces élections, si une majorité absolue devait être emportée par l’AKP, autoriseraient la modification constitutionnelle qui transformerait la Turquie en un régime présidentiel. Erdoğan déclarait hier  »Les plus grandes espérances de notre nation envers le leader du parti (AKP) et le nouveau Premier Ministre sont la concrétisation de la « Turquie nouvelle » et la réalisation finale des objectifs 2023. »

Malgré les interrogations entretenues par le silence de la direction de l’AKP jusqu’à hier, quelques pistes orientaient les observateurs vers la nomination d’Ahmet Davutoğlu. Son premier adjoint au Ministère des Affaires Étrangères, avait ainsi été nommé vice-Premier ministre dans le courant de la semaine, remplaçant Bulent Arinç. Et mardi, le président sortant Abdullah Gül avait prédit la désignation de Davutoğlu dans son discours d’adieux. Pourtant, l’échec de sa politique étrangère après quelques années de brillant succès – rupture des liens avec la Syrie d’Assad, enlisement irakien et menace de l’Etat Islamique, tensions avec l’allié américain – semblait l’avoir décrédibilisé.

Davutoğlu ne semble pas disposer de nombreux soutiens personnels parmi les personnalités phares de l’AKP, et est visiblement mis en avant par Erdoğan, pour qui il serait sans doute un allié fidèle avec lequel partager, sans conflit, le pouvoir. De plus, alors que l’AKP mène une charge virulente contre « l’Etat parallèle », comme il qualifie la confrérie Gülen, le candidat idéal devait être libre de tout soupçon, et prêt à poursuivre la campagne. Après sa nomination par l’AKP, Davutoğlu a prononcé quelques mots, mettant l’emphase sur la poursuite du mouvement de « grande restauration » enclenché par l’AKP il y a douze ans de cela. L’intronisation présidentielle d’Erdoğan aura elle lieu le vendredi 28 août, au lendemain du Congrès exceptionnel de l’AKP le 27; et il devrait désigner le Premier Ministre dans les rangs des parlementaires le 29 août.

Aprilia Viale

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