Société

« Corona Song » : une chanson inoubliable et regrettable ?

Masqué de son mythique bandana rouge, Renaud est de retour de manière inattendue avec un morceau bien étrange, baptisé « Corona Song ». Installé dans un jardin avec ses musiciens en respectant les gestes barrières, le chanteur de 68 ans apparaît dans un clip qui accompagne sa nouvelle chanson. Avec plus que 300 000 vues sur YouTube en moins de 12 heures, sa nouvelle mélodie est déjà âprement critiquée. 

La pandémie, source d’inspiration

Avec son bandana rouge qui ravira les nostalgiques de ses débuts, Renaud a de nouveau poussé la chansonnette dans une vidéo dévoilée le 8 juillet. Une prise de parole qui lui a valu de se faire étriller sur les réseaux sociaux. 

Le confinement et l’épidémie de coronavirus qui a dévasté le monde ont été des sources d’inspirations pour de nombreux musiciens. Par exemple, Gauvain Sers a pris la plume et le micro pour sortir une chanson intitulée « En Quarantaine » dont les profits ont été renversés au personnel médical. La Grande Sophie a également publié un morceau inédit intitulé « Ensemble » sur son compte Instagram. Si ces artistes ont appelé à l’unité, Renaud a quant à lui choisi d’apporter son soutien au professeur Raoult, l’infectiologue marseillais qui fait l’objet de nombreuses polémiques, ainsi que de chanter des paroles considérées par plusieurs comme racistes. 

La voix tremblante, Renaud n’a manifestement pas bien vécu le confinement. Confiné dans sa résidence de L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, il a écrit ce morceau avec son ami, Thierry Geoffroy. Dans une interview avec le Parisien, Thierry Geoffroy a déclaré : « C’est rigolo, non ? On a fait ça en dix jours. » Selon de nombreux internautes qui ont manifesté leur consternation sur Twitter, une heure aurait suffi. 

Des paroles polémiques 

Commençant par la rime plutôt pauvre « Coronavirus, connard de virus », on n’est pas surpris que Renaud s’attaque à la Chine ainsi qu’aux États-Unis. Mais la finesse manque, au point où certains l’accusent de tenir des propos racistes lorsqu’il chante : « T’as débarqué un jour de Chine ; retournes-y qu’on t’y confine. Dans ce pays où on bouffe du chien, des chauves-souris, du pangolin ». 

Puis, il raconte sa vie en confinement: « moi devant ma télé pourrie entre BFM et LCI, j’me cogne sans cesse Arlette Chabot ou la pauvre Roselyne Bachelot. » Malgré la difficulté des épreuves traversées, il n’en perd pas pour autant son sens de l’humour. D’ailleurs l’artiste qui se bat contre sa dépendance à l’alcool chantonne : « Mais le pire c’est que ces salauds m’ont fermé tous les bistrots. J’peux plus boire ma flotte peinard avec mes pots, le désespoir. »

La première moitié de sa chanson fait l’objet d’incrédulité chez de nombreux internautes qui regrettent la belle époque de « Mistral Gagnant. » Quant à la deuxième partie de « Corona Song », elle suscite la polémique. En effet, estimant que l’infectiologue Raoult a été « conchié par des confrères jaloux, par des pontes, des sommités, qui ont les boules de perdre du blé », Renaud se positionne clairement du côté du professeur Raoult qui ne cesse de faire l’objet de débats en raison de sa position indéfectible à l’égard de la chloroquine pour traiter le coronavirus, alors que ce médicament fait l’objet de nombreuses mises en garde et que son efficacité est discutable. Cette prise de position de celui qui n’est autre qu’une véritable légende de la chanson française n’est donc pas du goût de tout le monde 

Avant de conclure ce morceau étrange, voire gênant, Renaud déclare : « Moi j’men fous, j’suis immunisé, j’ai des anticorps par milliers. J’ai aussi des anti-cons. Faut dire qu’en France ils sont légion. » Contacté par Le Parisien, Thierry Geoffroy, qui a écrit les paroles avec son ami, a expliqué que « Renaud a écrit ce texte à la sortie du confinement qui a été rude. Interdit de sortir, pour lui, c’est dur. » Visiblement…  

Souriant malicieusement, Renaud finit avec un dernier couplet anti-Trump qui mettra peut-être davantage d’accord bien que la poésie ne soit toujours pas au rendez-vous : « va donc salaud d’virus enfin, chez nos voisins américains. Là-bas ils ont une autre maladie, c’est Donald Trump et sa connerie. » 

Les paroles font polémiques, elles sont embarrassantes et gênantes selon les internautes qui espéraient davantage de profondeur de la part de celui qui incarne la chanson française et qui est resté discret depuis la parution de son dernier album à succès, « Les mômes et les enfants d’abord », sorti le 29 novembre dernier. Avec des paroles également jugées d’être « trop pauvres » par des internautes, cette nouvelle chanson sera sans doute inoubliable et, pour certains, on ne peut plus regrettable. 

Natasha Voase

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