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La couronne d’Hecatomnus rentre en Turquie

Le 28 janvier, le ministre de la Culture et du Tourisme, Numan Kurtulmuş, a annoncé que la couronne en or d’Hecatomnus avait été rendue à la Turquie.

Crédit photo : Hürriyet Daily News

La couronne en or du satrape de Carie (385 à 377 av. J.-C.), qui fut aussi le père de Mausole et le fondateur de la dynastie des Hécatomnides, a été volée en 2008 dans la chambre funéraire d’Hecatomnus, dans la ville de Milas, pour être introduite clandestinement en Écosse et retrouvée en 2010. Elle a finalement été restituée à la Turquie et sera exposée au Musée des civilisations anatoliennes, à Ankara.

Numan Kurtulmuş a indiqué au quotidien Hürriyet que c’était Yalçın Kurt, le directeur du département du patrimoine culturel et des musées du ministère de la Culture et du Tourisme, qui avait personnellement rapporté la couronne d’Édimbourg. Le ministre a par ailleurs souligné l’importance de ce retour dans la mesure où la couronne d’or « a une histoire de 2 400 ans dans notre pays. Une lutte incroyable a été menée en Écosse [pour faire revenir l’artefact en Turquie]. Après l’avoir retracé, nous avons déterminé qu’il avait été volé dans notre pays ».

Évoquant les artefacts volés en Turquie, le ministre a expliqué au journal turc que les autorités recherchaient ces objets inestimables « comme des détectives », avant d’ajouter : « Nous essayons de rapporter [en Turquie] ceux que nous trouvons. Il faut environ six à sept ans pour qu’un artefact soit rapporté en Turquie. L’artefact qui appartient à notre pays est d’abord documenté. Ensuite les faits scientifiques sont mis en avant. Mais si cela ne suffit pas, vous devrez déposer une demande conforme aux lois du pays concerné. Quelque 55 artefacts attendent [encore] d’être ramenés ».

Il a été possible de retracer le trésor d’Hecatomnus notamment grâce à la police écossaise. En effet, Murat Aksakallı, 50 ans, gérant d’un café dans la capitale écossaise, et ses partenaires Ali Sanal et Hakkı Özbey, ont contacté des responsables des maisons d’enchères Sotheby’s et Bonhams, à Édimbourg, pour trouver un acquéreur à la couronne. La police a alors contacté les trois Turcs en prétendant être un acheteur et a finalement pu récupérer l’artefact tant convoité.

A l’époque, M. Aksakallı s’était défendu d’avoir obtenu la couronne grâce à la contrebande : « J’en ai hérité de mon grand-père, Fazıl Aksakallı, qui est mort à Çemişgezek [un district de la province orientale de Tunceli]. Je l’ai gardé pendant des années et je l’ai ensuite oublié. Puis j’ai décidé de la vendre lorsque mes compagnies de transport ont rencontré des problèmes financiers ». L’affaire a finalement été devant la cour et un tribunal écossais a ordonné le 2 décembre dernier le retour de la couronne en Turquie.

Les autorités turques comptent maintenant s’assurer qu’un ancien Coran, remontant au XVIe siècle et calligraphié par Ahmed Şemseddin Karahisari sous le règne de l’Empire ottoman, qui a fait l’objet de contrebande revienne en Turquie. Les autorités turques ont découvert récemment que le Coran en question allait être mis aux enchères dans une salle de ventes de Londres. M. Numan Kurtulmuş a indiqué que la Turquie avait « immédiatement » arrêté le processus de vente aux enchères, avant d’ajouter : « Maintenant, nous entreprenons des démarches pour qu’il soit ramené en Turquie. J’espère que nous le rapporteront également ici ».

Camille Saulas

 

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